Aquarius: arrivée d'une soixantaine de réfugiés en France

Aquarius: arrivée d'une soixantaine de réfugiés en France
Les réfugiés de l'Aquarius et d'un autre navire humanitaire accostés en août à Malte arrivent le 30 août 2018 à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, près de ParisALAIN JOCARD

Cinquante-neuf réfugiés de l'Aquarius et d'un autre navire humanitaire qui avaient accosté à Malte mi-août sont arrivés jeudi en France, alors que les tensions restent vives en Europe sur l'accueil des migrants pour lequels Paris défend un mécanisme de solidarité "pérenne".

Partis de La Valette jeudi matin par un vol charter affrété par la France, ces réfugiés sont arrivés vers 11H à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ils avaient été entendus à Malte par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) qui avait envoyé une mission pour s'assurer que ces réfugiés correpondaient bien aux critères de l'asile.

Fatigués mais souriants, avec pour seul bagage un sac à dos rouge, les réfugiés, dont douze femmes seules et une famille de cinq enfants, ont immédiatement été répartis dans des bus.

Parmi eux se trouvent "16 Soudanais, 25 Erythréens, 10 Somaliens, ainsi que quelques Camerounais, Ivoiriens et Nigérians", a indiqué à l'AFP Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii (Office français de l'immigratoin et de l'intégration).

Ils devaient ensuite gagner des centres d'accueil "en Bourgogne, Franche-Comté et dans le Grand Est", où le statut de réfugié leur sera rapidement délivré, au terme d'une procédure "accélérée", a précisé M. Leschi venu les accueillir à l'aéroport.

L'Aquarius avait accosté à Malte le 16 août après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. La veille, 114 migrants étaient arrivés sur l'île à bord d'un autre bateau, et la France s'était engagée à accueillir 60 réfugiés sur ce total.

Au total, cinq pays se sont engagés à se répartir des réfugiés de ces deux navires.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a souligné dans un communiqué que "la France est toutefois le premier Etat membre de l'UE à mettre en oeuvre son engagement".

"La France est à nouveau à l'initiative, conformément à nos valeurs et à l'exigence de solidarité pour faire face au défi migratoire de façon coordonnée et concertée au niveau européen, malgré la crise politique actuelle", a-t-il commenté.

M. Collomb a néanmoins rappelé que "les réponses au cas par cas aux débarquements de ces dernières semaines ne sont pas satisfaisantes: une solution pérenne est indispensable à l’échelle européenne".

"L'idée est d'illustrer le mécanisme des centres contrôlés" défendu par la France, avec "un système de prise en charge des réfugiés à l'arrivée dans les ports du sud de l'Europe", explique Pascal Brice, le directeur général de l'Ofpra (Office français de protrection des réfugiés et apatrides).

Avec cette opération, la cinquième depuis juin, la France veut faire la preuve de l'efficacité du "mécanisme européen pérenne" qu'elle défend dans la crise européenne autour de l'accueil des migrants. 260 personnes ont été accueillies par la France dans ce cadre.

La crise avait débuté mi-juin lorsque le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, avait refusé de laisser accoster l'Aquarius, qui avait erré pendant une semaine avant que le port espagnol de Valence accepte de laisser les migrants débarquer.

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