Brexit: le Labour favorable à une union douanière avec l'UE

Brexit: le Labour favorable à une union douanière avec l'UE
Le leader des travaillistes Jeremy Corbyn lors d'une session à la Chambre des Communes, le 17 janvier 2018 à LondresPAUL ELLIS

Le Parti travailliste britannique, dans l'opposition, est favorable à la conclusion d'une nouvelle union douanière avec l'UE après la sortie du bloc européen, qui se calquerait sur le régime actuel, a déclaré dimanche son référent pour le Brexit, Keir Starmer.

Sur la BBC, M. Starmer a précisé que cette position "unanimement" partagée au sein du Labour serait confirmée lundi par le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn dans un discours à Coventry (centre de l'Angleterre) où il exposera la vision de son parti sur le Brexit.

Dans des extraits rendus publics par ses services, ce dernier plaide pour "une nouvelle relation forte avec le marché unique qui inclut un accès entièrement libre de droits" au marché européen mais aussi "des protections, clarifications ou exemptions là où elles sont nécessaires", notamment dans les services publics, les aides d'Etat et le détachement des travailleurs.

"Le Royaume-Uni aura besoin de sa propre relation sur mesure", dira M. Corbyn.

Keir Starmer a déclaré que la conclusion d'une nouvelle union douanière, qui établit des droits de douane communs vis-à-vis des pays tiers, passerait par "un nouveau traité" avec Bruxelles. "Fonctionnera-t-il comme l'union douanière actuelle ? Oui, c'est l'intention", a-t-il précisé.

"Il s'agit en fait de la seule manière d'obtenir un accès sans droits de douane", ce qui est "très important pour notre secteur manufacturier", a estimé le responsable travailliste du Brexit. C'est aussi selon lui l'unique moyen pour le Royaume-Uni de tenir son engagement de ne pas rétablir une frontière dure entre sa province d'Irlande du Nord et la République d'Irlande voisine après la sortie de l'UE.

- Soutien aux conservateurs rebelles -

Le Labour s'était prononcé pendant l'été 2017 pour le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique européen pendant une période transitoire après la sortie de l'UE prévue pour mars 2019, tout en maintenant le flou sur sa position au-delà.

Dimanche, plus de 80 personnalités travaillistes, dont de nombreux parlementaires, ont appelé Jeremy Corbyn à s'engager pour le maintien de leur pays dans le marché unique européen, qui permet la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services.

"C'est la seule façon pour nous de continuer à jouir des mêmes avantages économiques que nous procurent les accords actuels", ont-ils souligné dans un communiqué reproduit par The Observer.

Le gouvernement conservateur de Theresa May affirme vouloir quitter le marché unique et l'union douanière pour pouvoir négocier ses propres accords commerciaux, mettre fin à la liberté de circulation des migrants et à la juridiction de la Cour européenne des droits de l'Homme, tout en souhaitant un accord qui réduirait autant que possible les droits de douane et les démarches administratives.

La Première ministre précisera à son tour, le vendredi 2 mars, sa vision du partenariat post-Brexit du Royaume-Uni avec l'UE.

Concernant la conclusion de nouveaux accords commerciaux par Londres après le retrait, Keir Starmer a estimé que travailler "en commun avec l'UE" serait plus efficace. "Nous voulons tous conclure des accords commerciaux ambitieux mais nous serions en meilleure position en le faisant avec l'UE", a-t-il dit, tout en soulignant que son pays devrait "avoir son mot à dire".

M. Starmer a également indiqué que le Labour pourrait apporter son soutien à un amendement de députés rebelles conservateurs réclamant une union douanière avec l'UE, dans le cadre du projet de loi sur le commerce en cours d'examen au Parlement.

Ce soutien pourrait mettre à mal le gouvernement de Theresa May, qui ne dispose que d'une courte majorité au Parlement.

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