Commémorations 39/45 : Poutine pas invité, Moscou fustige Varsovie

histoire, Russie

(Belga) La Russie a exprimé mercredi sa colère après la décision de Varsovie de ne pas inviter le président Vladimir Poutine lors des cérémonies en Pologne du 80e anniversaire du début de la Seconde guerre mondiale.

Le ministère russe des Affaires étrangères a appris avec "perplexité" l'intention de la Pologne de commémorer en septembre le début de la guerre 39/45 en présence uniquement de membres de l'Union européenne, de l'Otan et de quelques anciennes républiques de l'URSS, a commenté le ministère dans un communiqué. Moscou a accusé les autorités polonaises d'ignorer "la logique historique" et de vouloir transformer ces commémorations en rencontre "secrète". "Malgré la contribution décisive et indubitable de notre Patrie dans la défaite du Reich hitlérien et la libération de la Pologne des envahisseurs nazis, il n'y a pas de place pour la Russie dans ce schéma", ajoute le ministère. "Que cela reste sur la conscience des autorités polonaises actuelles", conclut le communiqué. Le service de presse du président polonais Andrzej Duda a pour sa part affirmé à l'AFP que "le déterminant clé de ces invitations n'est pas historique, mais contemporain." "Ces événements dramatiques seront commémorés par la Pologne et les pays avec lesquels nous travaillons aujourd'hui pour la paix dans un monde fondé sur les principes du droit international", a indiqué cette source. Avant l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie le 1er septembre 1939, Moscou et Berlin s'étaient entendus pour se partager l'Europe orientale selon une clause secrète du pacte germano-soviétique signé en août 1939. Alliée à Hitler, l'URSS avait attaqué la Pologne le 17 septembre 1939 et occupé une partie de son territoire avant que l'Allemagne ne lance une attaque surprise contre Moscou, le 22 juin 1941. Le conseiller du président polonais Andrzej Duda a réagi en affirmant que l'invocation d'une logique historique était "problématique" dans ce contexte. "Violer les règles (du droit international, ndlr) était la marque des agresseurs en 1939 et demeure la principale menace à la paix aujourd'hui", a-t-il affirmé, cité par les médias polonais. Ces dernières années, Moscou a notamment été condamné par les Occidentaux pour son annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 et son soutien au président Bachar al-Assad en Syrie. De son côté, la Russie insiste régulièrement sur les immenses sacrifices de l'Union soviétique dans la guerre contre le IIIe Reich. Selon les estimations, 27 millions de Soviétiques, civils et militaires, sont morts lors de la Seconde guerre mondiale, une victoire qui reste source d'une grande fierté en Russie. (Belga)

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