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Critiqué par d'ex-musiciens, Barenboim se défend de tout autoritarisme

Critiqué par d'ex-musiciens, Barenboim se défend de tout autoritarisme
Le chef d'orchestre Daniel Barenboim à Washington, le 7 novembre 2018. OLIVIA HAMPTON

Le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim s'est défendu vendredi de tout autoritarisme après les critiques d'anciens musiciens de son orchestre de la Staatsoper, le premier opéra berlinois.

Faisant suite à de premières critiques anonymes dans la presse, d'ex-membres de la Staatskapelle, l'orchestre de cet opéra, comme le percussionniste Willi Hilgers, ont attaqué les méthodes de Daniel Barenboim, en poste depuis 1992 et au moins jusqu'en 2022.

Le texte de M. Hilgers, posté sur Facebook, a été approuvé par d'autres musiciens.

Ce musicien évoque notamment une "dépression" due selon lui au style autoritaire de Daniel Barenboim, 76 ans, et assure que plusieurs autres musiciens pensent comme lui mais n'osent le dire publiquement, de peur d'être renvoyés de la Staatskapelle.

"Bien sûr que je me souviens de lui (de M. Hilgers). Mais la question est : si je l'ai traité de façon si injuste, pourquoi est-il resté ici pendant 12 ou 13 ans ? Je doute de sa bonne foi dans cette affaire", a déclaré M. Barenboim à l'agence de presse allemande DPA.

Selon lui, le percussionniste "avait des faiblesses rythmiques". "Je lui en ai parlé et, bien sûr, je l'ai critiqué, c'est mon travail".

Pour le chef israélo-argentin, cette campagne est liée aux négociations en cours pour qu'il soit prolongé au poste de directeur musical de l'orchestre. Il est par ailleurs chef d'orchestre à vie de la Staatskapelle.

Ces critiques sont "liées à une campagne visant à m'empêcher de rester à Berlin", veut croire Daniel Barenboim. "Sinon, les accusations auraient été portées l'année dernière, il y a cinq ou dix ans. Ce n'est pas comme si j'avais toujours été quelqu'un de bien et que je devenais subitement mauvais".

Pour lui, le "climat musical" est excellent au sein de l'orchestre. Il met les critiques sur le compte d'"une, deux ou cinq personnes qui ne sont pas entièrement satisfaites". "Peut-être suis-je un peu trop lent avec mes tempos pour certains, un peu trop rapide pour d'autres, un peu trop passionné pour les uns, trop froid pour d'autres", souligne-t-il.

"Le chef d'orchestre détermine la vitesse et le volume. A cet égard, il est comme un dictateur - bien sûr que je le suis", enchaîne-t-il.

Enfant prodige et pianiste de grand talent, Daniel Barenboim a dirigé les plus grands orchestres du monde.

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