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Élections en Allemagne: le parti d’Angela Merkel a perdu, place à Olaf Scholz

Élections en Allemagne: le parti d’Angela Merkel a perdu, place à Olaf Scholz
 
 

Le parti social-démocrate SPD est sorti vainqueur des urnes lors du scrutin législatif allemand, avec 25,7 % des voix, contre 24,1 % pour le parti chrétien-démocrate CDU/CSU de la chancelière allemande sortante, Angela Merkel. La commission électorale fédérale allemande a publié ces résultats après dépouillement de toutes les circonscriptions lundi à l'aube, selon l'agence de presse dpa.

Fort de ce résultat, le prochain chancelier allemand devrait être Olaf Scholz, candidat pour le SPD. Mais il devra cependant vraisemblablement composer une coalition, ce qui pourrait prendre plusieurs mois ou semaines.

Il s'agit du score le plus bas pour l'union conservatrice dont est issue Mme Merkel, emmenée par Armin Laschet. Jamais les conservateurs n'étaient tombés sous le seuil de 30%.

Les Verts ont obtenu le meilleur résultat de leur histoire avec 14,8 % et deviennent de la troisième force en Allemagne.

Le FDP a progressé à 11,5 %.

Le parti d'extrême-droite AfD a glissé de la troisième à la cinquième place avec 10,3 %.

Le parti de gauche Die Link est tombé à 4,9 %.

Vers l'incertitude ?

L'Allemagne, pôle de stabilité sous l'ère Merkel, entre désormais dans une phase beaucoup plus imprévisible avec de difficiles tractations en vue pour former le prochain gouvernement suite aux législatives. En effet, tant les sociaux-démocrates que les conservateurs en revendiquent la direction.

Dès ce lundi matin, les directions des différents partis susceptibles d'entrer dans une future coalition se réunissent à Berlin et devraient donner des indications sur les alliances qu'elles envisagent. En Allemagne ce ne sont pas les électeurs qui élisent directement le chef du gouvernement mais les députés, une fois constituée une majorité. Une système comme en Belgique donc et non comme en France.

Cette coalition est cette fois particulièrement compliquée à constituer car elle doit réunir trois partis - du jamais-vu depuis les années 1950 - du fait d'un émiettement des suffrages. "La partie de poker commence", constate le magazine Der Spiegel. Car "après le vote, les questions essentielles restent ouvertes: qui sera chancelier? Quelle coalition va gouverner le pays à l'avenir", pointe-t-il.

Pour les sociaux-démocrates, les choses sont claires: "Ce qui est certain, c'est que de nombreux citoyens" ont voté SPD car "ils veulent un changement de gouvernement et aussi parce qu'ils veulent que le prochain chancelier s'appelle Olaf Scholz", a déclaré cet homme de 63 ans.

Scholz estime que le parti de Merkel doit aller dans l'opposition

Le candidat social-démocrate a estimé ce lundi que les conservateurs devaient aller dans l'opposition. "La CDU et la CSU (parti frère bavarois, NDLR) n'ont pas seulement perdu des voix, mais elles ont en fait reçu le message des citoyens qu'elles ne devraient plus être au gouvernement mais dans l'opposition", a affirmé M. Scholz au siège de son parti alors que les conservateurs revendiquent aussi la formation d'un gouvernement de coalition. "Les électeurs se sont exprimés très clairement et ont dit qui devrait former le prochain gouvernement en renforçant trois partis: les sociaux-démocrates, les écologistes et les libéraux du FDP", a ajouté l'actuel vice-chancelier et ministre des Finances de 63 ans. "Notre mandat consiste aussi à faire ce que les citoyens désirent", a-t-il ajouté, rappelant qu'après 16 ans au pouvoir, les conservateurs du parti d'Angela Merkel devaient basculer dans l'opposition.

Le hic: son rival de centre-droit, malgré un résultat "décevant", n'est pas disposé à rejoindre les bancs de l'opposition: "Nous ferons tout ce que nous pouvons pour construire un gouvernement dirigé par l'Union" CDU-CSU, a assuré le candidat chrétien-démocrate.

Un gouvernement avant Noël ?

A l'issue du précédent scrutin de 2017, l'actuelle grande coalition n'avait pu être formée que plus de six mois plus tard, entraînant une paralysie politique en Allemagne, notamment sur les questions européennes. Toutefois, aussi bien le SPD que le centre-droit ont dit viser une conclusion avant Noël. Y parviendront-ils? "L'Allemagne prendra la présidence du G7 en 2022", a rappelé M. Laschet, et c'est pourquoi un nouveau gouvernement doit "venir très rapidement".

Dans la configuration actuelle, plusieurs solutions sont possibles pour une majorité au Bundestag. Le SPD pourrait ainsi s'allier avec les Verts, arrivés troisième du scrutin avec 14,8%, et les libéraux du FDP, un parti de droite qui a recueilli 11,5%. Alternativement, ce sont les conservateurs qui pourraient gouverner avec les Verts et le FDP.

Deux petits partis ont le pouvoir de décider du vainqueur

Selon un sondage de Yougov publié dans la nuit de dimanche à lundi, une majorité des électeurs favorise la première option. Et 43% d'entre eux estiment qu'Olaf Scholz doit devenir le prochain chancelier de la première économie européenne. Tous dépendra donc du bon vouloir de deux petits partis, qualifiés lundi par le quotidien Bild de "faiseurs de roi". Le chef du FDP Christian Lindner a d'ailleurs estimé dimanche qu'il serait "souhaitable" pour son parti et les écologistes "de discuter d'abord entre eux" avant de décider s'ils s'allient avec les conservateurs ou les sociaux-démocrates.


 




 

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