Airbus règle son litige dans le dossier Eurofighter en Allemagne

Airbus règle son litige dans le dossier Eurofighter en Allemagne
La justice allemande a annoncé vendredi avoir infligé une amende de 81,25 millions d'euros à l'avionneur européen AirbusPHILIPPE HUGUEN

L'avionneur européen Airbus s'est vu infliger vendredi une amende de 81,25 millions d'euros en Allemagne, qui lui permet toutefois de clore une enquête de corruption présumée autour de la vente d'Eurofighter à l'Autriche en 2003.

"Les enquêtes à grande échelle, en étroite collaboration avec les autorités autrichiennes (...) n'ont apporté aucune preuve de paiement de pots de vin", a indiqué le Parquet allemand dans un communiqué.

Le ministère public estime toutefois qu'Airbus a failli à son devoir de surveillance en autorisant l'ancienne direction à procéder à des paiements de plusieurs millions d'euros liés au contrat et ce "à des fins non clarifiées".

Il a parallèlement loué la compagnie pour sa coopération dans l'enquête et la mise en place "de règles de compliance", qui "laissent des raisons penser que de tels événements ne se reproduiront plus à l'avenir".

"Le résultat des investigations du Parquet de Munich, qui durait depuis 2012, n'a pas confirmé les allégations de corruption", a de son côté réagi l'avionneur dans un communiqué.

Le méga-contrat portait sur la vente de 18 avions de combat Eurofighter à Vienne.

Si le volet allemand dans cette affaire est clos, l'avionneur reste dans le collimateur de la justice autrichienne. Les investigations "continuent indépendamment" de la décision en Allemagne, a indiqué un porte-parole du Parquet de Vienne.

Le gouvernement autrichien a porté plainte contre Airbus l'an passé, réclamant 1,1 milliard d'euros de dommages et intérêts pour fraude délibérée autour de ce contrat.

Le PDG de l'avionneur Tom Enders, qui ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat en 2019, est visé dans cette affaire. A l'époque des faits, il dirigeait la branche défense du groupe Airbus.

Le groupe européen est également sous le coup de plusieurs enquêtes, notamment du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne pour des soupçons de corruption lors de transactions, pour des faits qu'Airbus avait lui-même dénoncés en 2016.

En janvier, il s'était vu infliger une amende de 104 millions d'euros dans le cadre d'une procédure arbitrale pour un litige remontant à 1992 et concernant la vente de missiles à Taïwan par le groupe Matra, acquis par la suite par l'avionneur.

Matra Défense S.A.S, qui fait partie du groupe Airbus depuis 1998, "est en train d'étudier l'amende afin d'évaluer quels seront les prochaines décisions à prendre" dans ce litige, avait alors indiqué Airbus.

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