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L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès: un fait divers hors normes

L'homme arrêté vendredi soir à l'aéroport de Glasgow, en Ecosse, n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès, a appris samedi l'AFP auprès d'une source proche de l'enquête. Un test ADN s'est révélé négatif. Xavier Dupont de Ligonnès, qui a disparu depuis le meurtre en 2011 de sa femme et ses quatre enfants à Nantes, est activement recherché depuis cette date. Rappel des principales étapes de l'énigme:

Premiers soupçons

Le 1er avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe et, le lendemain, quatre sacs de 10 kg de chaux.

La nuit du 3 au 4 avril est la "date probable" du décès de la mère, Agnès, et des enfants Benoît (13 ans), Anne (16 ans) et Arthur (21 ans), selon le parquet de Nantes.

Le 5, Thomas (18 ans) rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père. Il est probablement tué cette nuit-là.

Le 11, le collège des deux benjamins de la famille et l'employeur de l'épouse reçoivent des courriers expliquant leur absence par une mutation en Australie. Neuf proches reçoivent un courrier expliquant le départ soudain de toute la famille pour les Etats-Unis par la double vie d'agent secret qu'aurait eu Xavier Dupont de Ligonnès.

Dans la nuit du 12 au 13, Xavier Dupont de Ligonnès dîne seul et dort dans une luxueuse auberge du Vaucluse.

Le 13 avril sont passés de premiers appels à la police nantaise, émanant de voisins de la famille inquiets.

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21 avril 2011: découverte des corps 

Le 15 avril, après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var), Dupont de Ligonnès est vu pour la dernière fois par un témoin, s'éloignant à pieds avec un sac sur le dos.

Le 19, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante de l'ensemble de la famille.

Le 21, les enquêteurs découvrent les cinq corps d'Agnès et de ses quatre enfants tués par balle enroulés dans des draps et de la chaux sous la terrasse de la maison familiale.

Le 22, les autopsies révèlent une "exécution méthodique", avec chacun au moins deux balles tirées en pleine tête.

Le 26, une marche blanche d'hommage aux victimes réunit 450 personnes à Nantes, deux jours avant les obsèques.

Mandat d'arrêt international

Le 29 avril 2011 ont lieu les premières fouilles, infructueuses, autour de Roquebrune-sur-Argens. Le 10 mai, un mandat d'arrêt international est émis contre Xavier Dupont de Ligonnès. Du 23 au 28 juin, des fouilles sont organisées dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Argens, puis dans les environs avec une centaine de CRS, d'enquêteurs de la police judiciaire de Toulon, de sapeurs-pompiers et quatre équipes cynophiles.

Le 26 juillet, une centaine de policiers dans toute la France procèdent à une quinzaine de perquisitions et 25 auditions libres parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Sans résultat.

Fausses pistes

En avril 2015, des ossements sont découverts près de Fréjus (Var), non loin du dernier endroit où a été vu le père de famille. Ces ossements humains s'avèreront ne pas être les siens.

En juillet, est envoyé au bureau de l'AFP à Nantes un courrier, daté du 11, et signé "XAVIER Dupont de Ligonnès".

Le 29 juillet, au terme des expertises, la police juge que ce message énigmatique - "Je suis toujours vivant", puis en minuscule "de là jusqu'à cette heure (sic)" - au dos d'une photo de deux de ses fils, ne permettent pas d'identifier Ligonnès.

Le 23 mars 2016, un fonctionnaire de police est condamné à 3.000 euros d'amende pour avoir divulgué en 2012 des documents sur l'affaire.

En janvier 2018, la police intervient, sans succès, dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès.

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