Le journaliste slovaque tué, enterré dans son costume de mariage

Le journaliste slovaque tué, enterré dans son costume de mariage
Des centaines de personnes assistent, le 3 mars 2018, à Stiavnik, dans le nord de la Slovaquie, aux obsèques du journaliste Jan Kuciak assassiné alors qu'il enquêtait sur des faits de corruption présVLADIMIR SIMICEK
Italie

Des centaines de personnes ont assisté samedi à Stiavnik, dans le nord de la Slovaquie, aux obsèques du journaliste Jan Kuciak assassiné alors qu'il enquêtait sur des faits de corruption présumée en lien avec la mafia italienne, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le journaliste de 27 ans a été enterré vêtu de son costume de noces, à l'instar de sa fiancée, Martina Kusnirova, tuée avec lui par balles, et inhumée vendredi à Gregorovce (est) dans sa robe de mariée.

Leur meurtre a relancé le débat sur la liberté de la presse et la corruption, tant en Slovaquie qu'en Europe.

La cérémonie funéraire dans la petite église de Stiavnik a commencé par la lecture d'un poème que Jan Kuciak avait écrit à sa fiancée pour leur mariage, prévu en mai.

En s'adressant aux proches du défunt, dont ses collègues du site aktuality.sk, l'archevêque de Bratislava, Stanislav Zvolensky, a évoqué une attaque contre la liberté du pays.

"Si le meurtrier a pensé qu'il a pu réduire Jan au silence il a eu tort. Il a fait l'opposé. Une attaque contre un journaliste est aussi une attaque contre la liberté de notre pays, nous ne devons pas le permettre", a déclaré l'archevêque.

Le journaliste a été assassiné alors qu'il s'apprêtait à publier un article sur des liens présumés entre la mafia calabraise, la 'Ndrangheta, et le gouvernement slovaque.

Quelques heures avant les funérailles, la police slovaque a relâché sept Italiens interpellés jeudi dans le cadre de l'enquête.

Des milliers de personnes, dont 25.000 à Bratislava, ont participé vendredi soir à des manifestations anticorruption, organisées en Slovaquie et à l'étranger.

Le chef du gouvernement slovaque Robert Fico a accusé l'opposition d'instrumentaliser ce meurtre comme un "outil politique pour faire sortir les gens dans la rue".

Vos commentaires