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Lituanie: funérailles d'un héros de la résistance anti-soviétique

Lituanie: funérailles d'un héros de la résistance anti-soviétique
Militaires portant le portrait et les médailles du commandant du mouvement de résistance à l'occupation soviétique des années 1944-1953, Adolfas Ramanauskas, lors de funérailles nationales à Vilnius Petras Malukas
histoire, Russie

Plus de 60 ans après son exécution, le héros de la guérilla lituanienne anti-soviétique, Adolfas Ramanauskas, a eu droit samedi à des funérailles nationales, "un jour de justice historique" selon les mots du Premier ministre.

Quelques mois après l'identification de des restes de celui qu'on surnommait Vanagas (le Faucon), des milliers de Lituaniens se sont massés le long des rues ensoleillées de Vilnius pour dire adieu au chef du mouvement de résistance à l'occupation soviétique des années 1944-1953.

"Une personne si dangereuse pour le système (communiste) qu'ils ont essayé non seulement de le détruire, lui et sa famille, mais aussi de dissimuler son identité. Ils n'ont pas réussi", a déclaré la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, alors que le cercueil, enveloppé dans le drapeau national, était déposé dans la tombe.

Ces funérailles nationales marquent un jour de "justice historique", a affirmé de son côté le Premier ministre, Saulius Skvernelis.

Le mouvement de résistance en Lituanie est né en 1944 en réaction à la terreur soviétique, aux exécutions, aux déportations en Sibérie et à l'enrôlement forcé d'hommes dans l'Armée Rouge.

Vanagas, enseignant avant la guerre, l'a rejoint l'année suivante.

Soutenue largement dans les campagnes, la résistance réunissait au départ environ 20.000 personnes, mais vers 1952, les maquisards actifs n'étaient plus que quelques centaines.

Après s'être caché pendant plusieurs années, Vanagas a été arrêté en 1956, torturé, puis exécuté l'année suivante, son corps jeté dans une fosse commune non identifiée.

C'est seulement l'an dernier que des archéologues lituaniens ont obtenu une indication qui les a conduits vers une tombe des combattants exécutés pour "crimes politiques". En juin, un test ADN a permis d'identifier des restes comme étant ceux de Vanagas.

"J'aurai maintenant sa tombe où je pourrai aller si je veux passer un moment avec lui", a confié la fille de l'ancien résistant, Auksute Ramanuskaite Skokauskiene, à la télévision publique.

La Lituanie a proclamé son indépendance de l'URSS en 1990. Ses relations avec Moscou demeurent tendues.

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