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Lyon-Turin: les 9 premiers km du tunnel de base sous les Alpes achevés

Lyon-Turin: les 9 premiers km du tunnel de base sous les Alpes achevés
La tête de coupe du tunnelier Federica perce un pan de roche, à Saint-André-le-Gaz, en France, le 23 septembre 2019JEAN-PIERRE CLATOT
Italie

Une étape symbolique a été franchie lundi pour la liaison ferroviaire contestée Lyon-Turin avec l'achèvement des neuf premiers kilomètres de son tunnel de base sous les Alpes, a constaté l'AFP.

Si la ligne au complet s'étendra sur 270 kilomètres, la section transfrontalière de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) à Suse (Piémont) en représente le maillon central. Son ouvrage principal est le tunnel de base du Mont-Cenis d'une longueur de 57,5 km, dont 70% en France.

Lundi, en présence de nombreux officiels, le tunnelier Federica a symboliquement percé le dernier pan de roche (en réalité et pour des raisons de sécurité déjà abattu jeudi) lors d'une cérémonie son et lumières. A 11H35, dans un grand fracas et un nuage de poussière, la tête de coupe du tunnelier est apparue sous les applaudissements.

Selon la tradition, les ouvriers qui y travaillaient depuis trois ans ont émergé un à un de l'engin de 1,6 mètre de diamètre, par une trappe, brandissant les drapeaux français et italiens.

Le tunnelier Federica, à bout de souffle, va maintenant être démonté et remplacé par un nouvel engin.

Le secrétaire d'Etat chargé des Transport Jean-Baptiste Djebbari a "réaffirmé l'intérêt majeur et la détermination de la France" à mener à bien ce chantier.

"La Suisse est souvent citée en exemple avec son report modal (de la route sur le rail) de 70%. On ne peut se satisfaire de nos 8%" quand "plus de 3 millions de camions" traversent les Alpes entre l'Italie et la France, a souligné M. Djebbari.

Interrogé par la presse sur l'absence de son homologue italienne Paola De Micheli, M. Djebbari a rappelé l'avoir "rencontrée vendredi dernier à l'occasion du conseil des ministres des Transports à Bruxelles. Elle a réaffirmé que les travaux devaient s'engager le plus rapidement possible", a-t-il dit, en référence à l'hostilité du parti gouvernemental 5 étoiles à ce projet.

Quant au financement de ce projet à 18 milliards d'euros, le ministre français a rappelé que "la Commission européenne a annoncé vouloir passer son taux de financement à 50 voire 55% (contre 40% actuellement)".

Certes, a-t-il ajouté, "la nouvelle commission est en cours d'audition mais c'est un engagement qui a été rappelé dans le discours d'introduction de la présidente de la Commission européenne".

"L'étape d'après est la poursuite du creusement du tunnel, maintenant que l'opération est définitivement lancée", a déclaré Hubert du Mesnil, président du maître d'ouvrage franco-italien TELT.

Selon un sondage BVA pour TELT, réalisé en France et en Italie, le projet "bénéficie d'un soutien massif" dans les populations, plus en France (93%) qu'en Italie (86%). Dans la vallée de Suse, coeur de la contestation au projet (les "No TAV"), les partisans sont légèrement majoritaires (54%)

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