En ce moment
 

Marine Le Pen propose à Dupont-Aignan une liste commune aux européennes

Marine Le Pen propose à Dupont-Aignan une liste commune aux européennes
Marine Le Pen a proposé le 31 mai 2018 à Nicolas Dupont-Aignan de figurer tous les deux sur une liste commune aux élections européennesJOEL SAGET

Marine Le Pen, dont la nouvelle stratégie d'alliances peine à se concrétiser, a proposé jeudi à son ancien allié au second tour de la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan de figurer avec elle, aux deux dernières places, sur une liste commune aux européennes de 2019.

La présidente du FN affirme, dans une lettre ouverte datée de jeudi, avoir proposé à son homologue souverainiste de Debout la France (DLF) de figurer "aux deux dernières places" d'une liste commune aux européennes, en suggérant "de (se) rencontrer" pour travailler à l'élaboration d'une "charte commune".

Cette présence serait symbolique pour les deux chefs de partis, qui sont aussi députés à l'Assemblée nationale et qui n'ont, à cette place, aucune chance d'être élus au Parlement européen.

Marine Le Pen a toujours affirmé qu'elle ne conduirait pas la liste de son parti aux européennes, préférant conserver son mandat national de députée du Pas-de-Calais.

M. Dupont-Aignan, député de l'Essonne, n'a pu être joint dans l'immédiat par l'AFP.

L'objectif est "double", explique Mme Le Pen: "Pousser la liste vers les sommets en démontrant notre totale implication dans ces élections européennes et nous mettre, nous deux, présidentiables, chefs de partis et députés nationaux, au seul service de l'intérêt supérieur de notre pays au-delà de toute ambition personnelle".

- Stratégie d'alliances -

La finaliste de la présidentielle de 2017 propose dès lors à M. Dupont-Aignan une rencontre "dans les plus brefs délais afin de travailler à une charte commune qui établira les priorités et les mesures essentielles pour transformer l'Union européenne en une Europe des Nations, des coopérations et des libertés".

Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan s'étaient alliés entre les deux tours de la présidentielle. La présidente du FN avait promis au président de DLF le poste de Premier ministre en cas de victoire.

Le FN est engagé depuis la présidentielle dans une stratégie d'alliances qui peine à voir le jour.

Marine Le Pen a proposé pour ce faire de rebaptiser le FN Rassemblement national et ce changement de nom devrait avoir lieu vendredi soir, après l'annonce du résultat d'une consultation des militants du FN. Les dirigeants du parti s'attendent à un vote favorable.

Au congrès de Lille en mars, la présidente du FN avait souligné la nécessité pour son parti de s'allier pour gagner et devenir un parti de "gouvernement", à l'instar des partis d'extrême droite ou nationaux-conservateurs qui ont accédé au pouvoir en Autriche, en Hongrie ou peut-être en Italie.

Quelques jours après le congrès, celle qui ne croit plus au clivage gauche-droite avait appelé à voter lors d'une législative partielle à Mayotte pour le candidat LR, dans un contexte très particulier de crise migratoire. Mais l'essai ne s'est pas reproduit.

- Fin de non-recevoir chez LR -

Le président de LR Laurent Wauquiez y oppose, lui, une fin de non-recevoir, même si leurs propositions se chevauchent parfois en matière de lutte anti-terroriste et d'immigration.

Des personnalités approchées, comme l'ancien ministre LR Thierry Mariani, n'ont pas encore donné de réponse.

Quant à Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 7% aux européennes par Harris Interactive, il semble vouloir lancer sa propre liste avec deux autres petits partis eurosceptiques, le Parti Chrétien-Démocrate (PCD) et le CNIP.

M. Dupont-Aignan a contribué à l'automne à la création de la plateforme des Amoureux de la France, à laquelle se sont ralliés le président du PCD, Jean-Frédéric Poisson, et le président du CNIP, Bruno North.

Tous les trois ont présenté lundi une ébauche de "programme commun" en vue des élections européennes.

Marine Le Pen a publié son courrier le jour de l'annonce du départ du FN de l'eurodéputé et économiste Bernard Monot, en raison notamment de désaccords sur l'euro.

Le FN, qui a soutenu pendant la campagne de la présidentielle une sortie immédiate de l'euro, estime désormais que quitter la monnaie unique n'est plus une priorité.

M. Monot a annoncé qu'il rejoignait le parti de Nicolas Dupont-Aignan, résolument opposé à toute sortie de l'euro.

Vos commentaires