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Pierre Larrouturou, eurodéputé au 14e jour de grève de la faim: il demande une taxe sur la spéculation

Un eurodéputé au 14e jour de grève de la faim: il demande une taxe sur la spéculation
(c) AFP
 
 

L'eurodéputé français Pierre Larrouturou, 56 ans, a atteint aujourd'hui son 14e jour de grève de la faim afin de sensibiliser les médias et la population à la nécessité d'instaurer une taxe sur la spéculation financière qui permettrait de faire rentrer au moins 50 milliards d'euros dans les caisses de l'Union européenne pour les projets d'éducation, d'emploi, de santé et de transition écologique.

Pierre Larrouturou, qui en est à sa troisième grève de la faim au cours de sa carrière politique (la première date de 2005 quand il voulait alerter contre l’inéluctabilité de la crise financière, indique le magazine L'Obs), est le rapporteur du budget auprès du Parlement européen, ce qui signifie qu'il a été chargé de présenter à ses collègues députés la proposition de budget des 27 États-membres qui a été établie en juillet dernier.

Il y a quelque chose d'obscène quand on dit qu'il n'y a pas d'argent pour la santé et le climat alors que les marchés financiers sont à un niveau jamais vu

Ce budget est très important, il s'agit d'un budget pour les 7 prochaines années. C'est à travers celui-ci que s'expriment les visions et les grandes orientations de l'Union européenne pour le futur. La règle veut que le Parlement européen doit approuver la proposition des 27 États-membres. Ceux-ci sont représentés par l'Allemagne car c'est elle qui a la présidence actuellement (cette présidence tourne entre tous les pays-membres, tous les six mois). Les négociations durent maintenant depuis un mois. De nombreux eurodéputés estiment que le budget est insuffisant pour financer les grandes ambitions dans les domaines de l'emploi, la santé, l'éducation et bien sûr la transition écologique.

Pierre Larrouturou pense que l'argent manquant pourrait en partie être obtenu en mettant en place une taxe sur les transactions financières, une taxe qui est sur la table depuis de très nombreuses années mais qui reste toujours à l'état d'idée. Le Parlement a adopté à une large majorité le principe de la mise en place d’une taxe sur les transactions financières à partir de 2024. Mais rien n'a bougé depuis. Pierre Larrouturou propose une taxe de 0,1 % sur chaque achat d’action et 0,01 % sur les obligations ou le trading haute fréquence, ce qui rapporterait 50 milliards d’euros par an.

Interrogé par le média "Tout va bien", l'eurodéputé a justifié son idée: "Il y a quelque chose d'obscène quand on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour la santé, pour le climat et pour l'emploi alors que les marchés financiers sont à un niveau jamais vu. Et qu'avec juste une petite taxe sur la spéculation, on aurait chaque année 60 milliards de plus pour les hôpitaux, pour la santé, pour la recherche, pour le climat et pour l'emploi. La taxe sur la spéculation est une idée très simple. Vous et moi, quand on fait nos courses, on paie la TVA. Et même les plus pauvres, pour manger, ils doivent payer 6% de TVA en Belgique, pour contribuer au financement des services publics. Mais par contre, aujourd'hui, les taxes sur les marchés financiers, c'est 0%. Notre idée, celle du Parlement, est qu'il est temps de faire payer ceux qui ne paient jamais. Il est temps de créer une petite taxe sur la spéculation. Le projet est très solide, il est sur la table depuis 9 ans. En 2011, la Commission européenne avait dû accepter de mettre sur la table un projet de taxe sur la spéculation qui pourrait rapporter 80 milliards par an. Tout est prêt techniquement.", dit Pierre Larrouturou.

"J'ai décidé de faire une grève de la faim. J'en ai marre du double discours, quand tout le monde dit 'Le climat c'est ma priorité, le climat c'est ma priorité'. Il faut de l'argent", conclut-il, invitant la population à soutenir cette taxe à travers une pétition sur internet: TaxonsLaSpeculation.be.




 

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