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Fashion Week de Londres: Pam Hogg, ou l'éloge des femmes conquérantes

Mode

Des femmes en reines de l'Egypte antique, à demi-nues, provocantes et conquérantes: la styliste écossaise Pam Hogg, icône de la culture punk rock, a fait l'éloge d'une féminité insolente et débridée, vendredi, au premier jour de la Fashion Week de Londres.

Rares sont les défilés capables de susciter autant d'intérêt: à l'extérieur du Freemason's Hall, élégant bâtiment art déco où est présentée la collection, la file d'attente des invités s'étend aisément sur plusieurs dizaines de mètres.

Pas forcément connue du grand public, la créatrice, ancienne élève des Beaux-arts de Glasgow et dont l'âge reste un mystère, fait en revanche l'objet d'un culte quasi mystique de la part des fashionistas friands de ses présentations excentriques mêlant contre-culture, ironie et féminisme.

Ou comme elle le résume elle-même dans une interview publiée récemment dans The Guardian: "J'emmerde la normalité".

Ce que l'on comprend dès les premières secondes du défilé, quand apparaît un mannequin en bikini, seins nus et l'air bravache, enlacée dans un jeu de ceintures de cuir rehaussées de surprenants coussinets blancs en forme de cocon.

Puisant dans plusieurs millénaires de culture vestimentaire, Pam Hogg convoque les reines de l'Egypte antique en parant ses femmes d'or, de blanc et de coiffes de pharaons. Et revisite ses propres références en transformant les célèbres bonnets à poils d'ours de la garde royale en extravagants chapeaux portés sur des uniformes de tulle multicolores rappelant des guirlandes de guimauve.

Interrogée en coulisses par l'AFP, la créatrice n'a guère épilogué, se contentant de déclarer, en souriant: "C'était fantastique!".

Plus tôt dans la journée, les premiers défilés de la Fashion Week ont fait la part belle aux couleurs: acidulées (citron, rose, vert menthe) chez le jeune espoir irlandais Richard Malone, 26 ans ; printanières (lavande, anis) chez le Turc Bora Aksu.

Dans un autre registre, Nicopanda, le label de Nicola Formichetti, ancien styliste de Lady Gaga et créateur de sa célèbre robe en viande, a mixé sportswear et paillettes pour concocter un vestiaire festif inspiré par la culture pop des nineties, avec chapeaux de cowboy translucides et shorts de plage étoilés.

Sur une note un peu plus sérieuse, Stephanie Phair, la présidente du British Fashion Council, organisateur de la Fashion Week, avait évoqué dans la matinée l'imminence du Brexit, prévu le 29 mars, et souligné l'importance d'y "préparer" les entreprises du secteur, notamment via un "dialogue constructif" avec le gouvernement britannique.

Préoccupé, comme tous les autres pans de l'économie britannique, par la sortie de l'UE, le secteur de la mode emploie 890.000 personnes au Royaume-Uni et contribue à hauteur de 32 milliards de livres (36 milliards d'euros) aux richesses du pays.

- Les stars: Victoria Beckham et Burberry -

La Fashion Week proposera jusqu'à mardi plusieurs dizaines de shows aux quatre coins de la ville - mais tous les regards sont d'ores et déjà tournés vers Victoria Beckham, qui y défilera dimanche, pour la toute première fois.

La styliste de 44 ans avait fait des débuts dans la mode à New York en 2008, presque sur la pointe des pieds, sous les regards intrigués des spécialistes curieux de voir de quoi était capable l'ancienne Spice Girl.

Dix ans plus tard, c'est une créatrice respectée par ses pairs, à la tête d'une entreprise évaluée à plus de 100 millions d'euros par la presse spécialisée, qui reviendra dans son pays natal.

L'autre moment fort du rendez-vous britannique de la mode, consacré aux collections printemps-été 2019, aura lieu lundi, avec une autre première: celle de Riccardo Tisci pour Burberry.

Le designer italien, ex-Givenchy, a pris en mars la succession de Christopher Bailey. Son arrivée traduit la volonté de renouvellement de la vénérable maison britannique, reprise en main l'an passé par Marco Gobbetti, un Italien également, sur fond de résultats économiques moroses.

Burberry compte sur le créateur de 44 ans, spécialiste du streetwear de luxe, pour renforcer sa présence dans le très haut de gamme.

"Tisci semble le choix idoine pour Burberry", estime Naomi Braithwaite, professeure de mode à Nottingham Trent University, interrogée par l'AFP. "Il n'a pas peur de prendre des risques créatifs et d'innover, des caractéristiques qui sous-tendent la philosophie de Burberry ces dernières années".

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