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"Gilets jaunes": les étapes d'une fronde inédite en France

Manifestation de "gilets jaunes" protestant contre les violences policières, le 2 février 2019 à ParisZakaria ABDELKAFI

Le mouvement inédit des "gilets jaunes", né sur les réseaux sociaux, a essaimé dans toute la France, donné lieu à des scènes de guérilla urbaine, et amené le gouvernement à adopter des mesures sociales et à lancer un grand débat.

Depuis le 17 novembre, ces événements ont fait onze morts, pour la plupart lors d'accidents à des barrages. Plus de 2.000 manifestants ou membres des forces de l'ordre ont été blessés, parfois gravement côté "gilets jaunes".

- "Traque aux conducteurs" -

Le samedi 17 novembre, la première journée de blocage de routes - organisée un mois après une vidéo virale contre la "traque aux conducteurs" - rassemble 282.000 manifestants arborant un gilet jaune fluorescent et occupant des ronds-points.

Au-delà des hausses de taxes sur les carburants, les manifestants cibleront rapidement d'autres pans de la politique sociale et fiscale d'Emmanuel Macron.

- Chaos à Paris -

Samedi 24 novembre, pour l'acte 2 de leur mobilisation, des manifestants s'opposent durement aux forces de l'ordre sur les Champs-Élysées. Quelque 166.000 manifestants en France (dont 8.000 à Paris) sont recensés par les autorités.

Le 27, Emmanuel Macron dit vouloir organiser une "grande concertation" dans les territoires, qui deviendra le "grand débat".

Le 1er décembre, le 3ème samedi de mobilisation rassemble 136.000 manifestants et donne lieu à des scènes de chaos à Paris, où l'Arc de Triomphe et plusieurs quartiers huppés aux alentours connaissent des scènes de guérilla urbaine.

- 100 euros pour les smicards -

Le 4 décembre, le Premier ministre Édouard Philippe annonce la suspension pour six mois de la hausse de la fiscalité sur les carburants. Le lendemain, Emmanuel Macron fait savoir que l'augmentation est purement et simplement annulée pour 2019.

Le samedi 8, l'acte 4, émaillé de heurts, mobilise 136.000 manifestants.

Le 10, Emmanuel Macron annonce une hausse de 100 euros par mois pour les salariés payés au Smic, des heures supplémentaires "sans impôts ni charges" et une nouvelle exemption de hausse de CSG pour certains retraités. Les mesures annoncées depuis le début du mouvement sont évaluées à 10 milliards d'euros.

- Mobilisation en baisse -

Mobilisation plus calme et en baisse les samedis 15 (66.500 manifestants), 22 (38.600) et 29 décembre (32.000).

Le ministère de l'Intérieur accepte le 18 décembre de revaloriser les salaires des policiers.

Le 21, le Parlement vote les mesures d'urgence annoncées par Emmanuel Macron.

- Rebond de participation -

La mobilisation et la tension remontent pour l'acte 8, samedi 5 janvier (50.000 personnes). Des manifestants forcent avec un engin de chantier l'entrée du ministère de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Un ex-boxeur professionnel, Christophe Dettinger, est filmé frappant deux gendarmes à Paris.

Le 7, Edouard Philippe annonce une nouvelle loi "anticasseurs". Le texte présenté, issu de la droite, fera craindre jusque dans la majorité une atteinte à la liberté de manifester, et sera remanié le 23 en commission à l'Assemblée, puis à partir du 30 dans l'hémicycle.

L'acte 9, samedi 12, réunit 84.000 manifestants.

- Grand débat -

Emmanuel Macron lance le grand débat national, dans une lettre aux Français puis lors d'un échange-marathon avec les maires normands le 15 dans l'Eure.

L'acte 10 du samedi 19 mobilise 84.000 manifestants en France, avec un record de 10.000 personnes à Toulouse.

Quelques jours plus tard, le gouvernement décide d'équiper de caméras-piétons des forces de l'ordre dotées de lanceurs de balles de défense (LBD), qui font polémique en raison des blessures graves causées à des manifestants.

- "Gueules cassées" -

Des "gilets jaunes" annoncent le 23 janvier un embryon de liste aux européennes, menée par une aide-soignante, Ingrid Levavasseur. Attaquée sur les réseaux sociaux, elle enregistrera plusieurs défections.

Samedi 26, l'acte 11 est émaillé de heurts. Une figure des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, est blessé à l'oeil et assure avoir été atteint par un tir de LBD et des éclats de grenade de désencerclement.

Opposés à la violence des "gilets jaunes", quelque 10.500 "foulards rouges" défilent le lendemain à Paris.

Le 1er février le Conseil d'Etat rejette les demandes de suspension des LBD.

L'acte 12 du samedi 2 février, dédié aux blessés, "gueules cassées" des manifestations, mobilise 58.600 personnes en France selon l'Intérieur, contre 69.000 une semaine plus tôt. Des heurts éclatent à Paris et Bordeaux en fin de manifestations.

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