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"Il m'a couru après avec le couteau": les otages de Radouane Lakrim racontent l'horreur

"J'ai vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar": Christian Guibbert, ex-policier, a raconté à l'AFP la prise d'otages meurtrière vendredi au supermarché de Trèbes, où il a mis plusieurs clients à l'abri "dans un frigo de boucher""Il a aussi crié aux gens qui étaient là: 'A terre! à terre!'. Il y avait déjà une personne à terre, on a su après qu'elle était décédée", a relaté calmement ce retraité de la police qui a compris tout de suite que c'était un attentat. Il se souvient avoir entendu "cinq ou six coups de feu tirés par l'individu".


"Je me suis approché pour voir ce qui se passait"

M. Guibbert, 64 ans, faisait ses courses vers 10H00 au Super U de Trèbes avec sa femme et sa belle-soeur quand il a "entendu des détonations". "Je me suis approché pour voir ce qui se passait", a-t-il dit. C'est là qu'il voit le preneur d'otages Radouane Lakdim, 25 ans, avec une "arme de poing et un couteau". Il était "très excité", "très énervé", c'était "monsieur tout le monde", souligne ce sexagénaire aux cheveux blancs, au front dégarni, qui a "25 ans de police". Il "criait Allah Akbar. Il l'a crié à plusieurs reprises".


"J'ai évacué le personnel, je les ai fait passer par derrière pour les éloigner de la zone"

"Moi, j'étais à cinq mètres de lui", a raconté de son côté un vigile du supermarché, qui veut garder l'anonymat. "Il m'a tiré deux fois dessus. Il tirait mal", dit-il soulignant que dans ces cas-là, "on n'a pas le temps de réfléchir: Vous faites demi-tour et vous partez". "J'ai évacué le personnel, je les ai fait passer par derrière pour les éloigner de la zone, une vingtaine de personnes peut-être. J'ai pas trainé", a poursuivi cet homme qui a 22 ans de métier dans l'armée.

De son côté, Christian Guibbert a "emmené" sa femme et sa belle-soeur "à l'abri avec les gens qui étaient à proximité. Je les ai mis dans un frigo de boucher", a-t-il dit. "C'était un grand frigo de boucher. Pour moi, c'était une grande sécurité", a-t-il souligné, estimant que ces personnes y étaient restées une "grosse demi-heure" avant d'être évacuées.


"Je pense qu'il m'a vu quand je téléphonais"

De son côté, le retraité est retourné dans le supermarché, et caché dans un rayon, il a appelé "la gendarmerie. Je leur ai dit ce qu'il se passait. J'ai donné la position du gars et ce qu'il avait dans les mains. Il m'a aperçu. Je pense qu'il m'a vu quand je téléphonais", a raconté M. Guibbert. "Il m'a couru après avec le couteau, je l'ai semé et quand je me suis retourné, il n'était plus là", a-t-il dit. L'ancien policier parvient alors à "sortir par une issue de secours" et se confier aux gendarmes auxquels il "redit la position" de l'assaillant. "Quand l'assaut a été donné, on n'était plus à proximité", les "gendarmes avaient fait un périmètre de sécurité", a-t-il précisé.

Dehors, M. Guibbert est entendu par la police mais ne juge pas nécessaire de se rendre à la cellule psychologique devant la mairie, là même où la police judiciaire a commencé ses auditions dès vendredi après-midi. Des clients se précipitent sur les lieux en entendant "les sirènes". "On a mal au coeur pour ces employés de Super U. C'est un traumatisme. C'est choquant, des employés qu'on connaît depuis des années", a souligné une habituée.

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