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Affaire Vincent Lambert devant le tribunal administratif: décision probable vendredi

Affaire Vincent Lambert devant le tribunal administratif: décision probable vendredi
L'hôpital Sebastopol de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert, pris en photo en juin 2015FRANCOIS NASCIMBENI
euthanasie

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) devrait annoncer vendredi après-midi s'il confirme ou annule la décision du CHU de Reims d'arrêter les traitements de Vincent Lambert, patient hospitalisé dans un état végétatif, après une nouvelle audience jeudi autour de son avenir.

Compte tenu de la complexité du dossier, les juges feront connaître leur décision "normalement vendredi après-midi", au plus tard lundi, a indiqué le tribunal administratif à l'issue de l'audience.

Les parents de Vincent Lambert, ainsi qu'un frère et une soeur, ont déposé mardi un recours en référé libertés, à l'effet suspensif, pour empêcher la mise en oeuvre de l'arrêt des traitements du patient, annoncé le 9 avril par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims.

Cette décision implique l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles, ainsi qu'une sédation profonde et continue, ce que les requérants considèrent comme, selon eux, "un projet de mort" et non "un projet de fin de vie".

"C'est la première fois qu'un hôpital s'acharne à vouloir entraîner cette mort et à refuser des arguments que leur apportent des spécialistes de cette prise en charge", a déclaré Me Jérôme Triomphe, l'un des avocats des parents Lambert, qui considèrent que leur fils est "handicapé mais vivant".

Dans une tribune jeudi dans Le Figaro, 70 médecins spécialisés ont fustigé "une euthanasie qui ne dit pas son nom" car "il est manifeste que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie". Leur argumentaire s'appuie sur deux vidéos, datant de 2015 et du 12 avril dernier, non diffusées à l'audience.

"Le plus fabuleux, c'est que 70 médecins qui n'ont pas vu le patient, qui ont vu une vidéo (...) se donnent le droit de critiquer" l'équipe médicale, a déclaré Me Pierre Desmarais, l'avocat du Centre hospitalier universitaire de Reims, dénonçant une affaire "instrumentalisée" par "volonté de gagner du temps", de "dissuader" les parties adverses après cinq ans de procédure judiciaire et de "discréditer" le Dr Sanchez.

"Le caractère incurable des lésions" et "l’altération de l'état de santé général" de Vincent Lambert, tétraplégique de 41 ans, sont "confirmés", a-t-il rappelé.

Cette quatrième procédure collégiale depuis 2013 intervient alors que les trois précédentes ont été suspendues, malgré des décisions judiciaires favorables jusqu'à celle de la Cour européenne des Droits de l'Homme en 2015.

"Cette décision doit faire autorité. Il n'y a pas à rejuger ce qui a été décidé", a argué Me Sara Nourdin, l'avocate de Rachel Lambert, épouse et tutrice légale de son mari depuis 2016.

"On essaie de déplacer le débat juridique", a conclu Me Mourad Benkoussa, avocat de François Lambert, neveu également favorable à l'arrêt des soins de son oncle, victime d'un accident de la route en 2008.

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