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Procès des attentats de Paris: "Il y a soulagement parce que les verdicts prononcés sont à la hauteur des faits"

 
 

Philippe Vansteenkiste, qui représente les victimes des attentats de Bruxelles, était l'invité de Fabrice Grosfilley ce jeudi matin sur Bel RTL. Le président de l’association des victimes des attentats (V-Europe) a réagi suite au verdict prononcé hier soir par la cour d'assises spéciale de Paris. Il a lui-même perdu sa soeur lors des attentats à Bruxelles. 

La cour a prononcé des peines allant de deux ans d'emprisonnement à la perpétuité incompressible contre les accusés jugés depuis le 8 septembre au procès des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 en France. Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie de commandos qui ont fait 130 morts, a été condamné à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal.

Un procès comme celui des attentats de Paris qui se referme, quel est le sentiment lorsqu’on a été la victime ou le proche d’une victime d’actes de terrorisme ?

"Bien sûr, ceci était le procès des attentats de Paris. On a suivi cela de très près mais effectivement on voit que justice a été faite en France et je crois que quelque part il y a un soulagement parce que je crois que les verdicts qui ont été prononcés étaient quand même à la hauteur des faits."

On a vu beaucoup de dignité dans la réaction des victimes françaises qui témoignaient hier lors de cette dernière séance. Pas de sentiment de vengeance, pas de sentiment de revanche, cela contraste avec la violence des attaques. C’est une forme de réponse ?

"Je crois qu’étant une victime de terrorisme, c’est vraiment un acte très lâche et tout à coup étant victime on ne comprend plus, on perd les paramètres, nos valeurs. Ce que l’on recherche pour survivre, déjà mentalement, c’est de retrouver la dignité et l’humanité. C’est donc une réaction que je vois en général avec toutes les victimes. On a beaucoup de contacts avec les victimes de Paris également. Cette humanité est très importante. Il n’y a pas de vengeance pour la plupart des personnes."

Le fait que la justice soit rendue, que notre état de droit fonctionne, c’est une réponse au terrorisme mais est-ce que ce moment de vérité judiciaire est aussi un moment nécessaire pour les victimes dans leur processus ?

"Tout à fait. Les victimes ont besoin de quatre piliers pour pouvoir se reconstruire. La dignité, être traité avec dignité, avoir la mémoire, puis la vérité et la justice. La vérité, c’est bien sûr très complexe. Il y en a plusieurs. Mais ici c’est vraiment une vérité judiciaire qui est nécessaire pour les victimes pour comprendre de quoi ils ont été victimes. Si on ne sait pas de quoi on a été victime pour le restant de sa vie, c’est très compliqué pour pouvoir se reconstruire."   


 

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