Création à Marseille de "Gilets jaunes, le mouvement", contesté par certains d'entre eux

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Manifestation de "gilets jaunes" à Marseille le 5 janvier 2019BORIS HORVAT

Des "gilets jaunes" venus de toute la France, réunis samedi à Marseille dans un local prêté par La Provence, ont annoncé la création d'un mouvement national, baptisé "Gilets jaunes, le mouvement" où le "citoyen va décider de tout", aussitôt contesté par certains d'entre eux.

Dans un hangar du siège de La Provence prêté par l'actionnaire principal du journal Bernard Tapie, se sont réunies dès la matinée une soixantaine de personnes se présentant comme les "représentants de gilets jaunes de toute la France", parmi lesquels Christophe Chalençon, Ingrid Levavasseur et Hayk Shahinyan. Ils ont annoncé dans l'après-midi la création de "Gilet jaune, le mouvement", lors d'une conférence de presse retardée en raison de la contestation de cette réunion par plus d'une centaine d'autres "gilets jaunes".

Restés devant les grilles du journal, ceux-ci ont hué et insulté ceux réunis à l'intérieur, leur reprochant de ne pas représenter "le peuple" et de vouloir établir une liste pour les élections européennes."Cette réunion, ce sont des vendus, des gens qui se disent gilets jaunes, mais finalement, ils s'en foutent du peuple, ils veulent seulement monter en grade", a critiqué Antoinette Colonna, une retraitée en gilet jaune.

"L'objectif de ce mouvement sera de coordonner les actions le plus largement sur le territoire et de travailler à la création d'un vrai programme de société à travers l'ensemble des revendications", a expliqué Hayk Shahinyan, lors de la conférence de presse, défendant un mouvement "horizontal" qui ne ressemble à "aucun parti politique ou syndicat".

"Les citoyens seront au cœur des décisions, des actions, des projets à mener et des idées à défendre (...) Aucune direction ne pourra imposer des choses aux citoyens", a-t-il insisté. "Je lance un appel à l'ensemble du monde associatif et aux personnalités qui le souhaitent (..) à se rassembler afin de construire ensemble la France de demain", a ajouté M. Shahinyan.

"Nous n'avons pas parlé des élections européennes ou validé une quelconque liste", a-t-il affirmé.

"Tous les citoyens sont invités à rejoindre le mouvement, l'objectif c'est d'être ensemble car on en a vraiment marre de ce gouvernement qui nous prend pour des idiots", a déclaré Ingrid Levavasseur.

"Gilet jaune" du Vaucluse, Christophe Chalençon a annoncé la mise à disposition par Bernard Tapie de "deux pages dans le journal par semaine pendant un mois".

L'annonce de la mise à disposition des "gilets jaunes" d'un local de La Provence a suscité la colère de la rédaction. "La rédaction de la Provence est atterrée, c'est un mélange des genres hallucinant", a réagi Sophie Manelli, élue du Syndicat national des journalistes auprès de l'AFP. "Un journal indépendant et apolitique ne peut pas servir de base logistique à un mouvement politique. C'est incompatible", a déploré la représentante syndicale.

"Bernard Tapie peut porter un gilet jaune, mais qu'il invite ses nouveaux amis chez lui dans sa magnifique maison ! Un journal n'est pas un jouet", a-t-elle insisté.

"Nous avons juste prêté un hangar car ils avaient du mal à trouver un endroit pour se rassembler. Je suis tout à fait libre d'écrire ce que je veux", s'est défendu Franz-Olivier Giesbert, directeur éditorial de La Provence, qui s'est exprimé devant la presse dans la cour du journal.

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