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Gaz lacrymogènes, barricades en feu...: des tensions éclatent à Nantes lors d'un rassemblement en hommage à Steve (vidéo)

Gaz lacrymogènes, barricades en feu...: des tensions éclatent à Nantes lors d'un rassemblement en hommage à Steve
©Belga

Une journée d'hommages à Steve Maia Caniço et de manifestations contre les violences policières: après un rassemblement tout en émotion samedi matin en souvenir du jeune homme près de la Loire, des tensions ont éclaté dans l'après-midi dans le centre de Nantes.

Deux rassemblements étaient prévus dans la capitale des Pays-de-la-Loire. A 11H00, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées près de la grue jaune, dans une émotion palpable, près du lieu où le corps du jeune homme de 24 ans a été retrouvé lundi dans la Loire.

Steve Maia Caniço avait disparu dans la nuit du 21 au 22 juin lors de la Fête de la musique, alors qu'il assistait à un concert en bord de Loire, où les forces de police étaient intervenues. Durant cette nuit, plusieurs personnes étaient tombées dans le fleuve. Des participants avaient raconté avoir été aveuglés par le gaz lacrymogène.

Près d'un portrait de Steve, des fleurs blanches ou roses ont été jetées dans le fleuve, des manifestants portaient des brassards noirs. "Où est la justice pour Steve?", pouvait-on encore lire.


 
 
 

En début d'après-midi à proximité immédiate du périmètre interdit par les autorités par crainte de débordements, 1.700 manifestants, selon la police, ont défilé vers la préfecture puis vers la cathédrale et le château. Gaz lacrymogène et canon à eau ont répliqué aux jets de projectiles et départs de feu. Deux barricades ont été dressées. La police avait procédé à 33 interpellations préventives, a-t-elle indiqué.

Cibles de tous les slogans, la police et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : "Selon l'IGPN, le meurtre était conforme", "la police assassine", "forces de l'ordre, pour notre sécurité, veuillez quitter le périmètre", pouvait-on lire sur les pancartes et les murs, ou encore au-dessus d'un portrait de Christophe Castaner, "le con, la brute et le truand".

Dans un appel vendredi à manifester, "Nantes révoltée" dénonçait les policiers qui "tirent des grenades pour arrêter des chansons", en ajoutant que "l'attaque policière de la Fête de la musique n'est que l'aboutissement d'années de violences et d'impunité pour les forces de l'ordre".

La famille s'est désolidarisée de toute violence, plaidant pour "un soutien amical, artistique et pacifique", selon son avocate, Me Cécile de Oliveira.


 
 

 

"Douter de la police"

Freeform, structure nationale qui accompagne l'organisation de rassemblements festifs, a aussi lancé un appel au calme, car "tout débordement desservira la cause de la justice".

Outre Nantes, des manifestations sont prévues dans tout le pays pour ce week-end, émanant notamment de groupes de "gilets jaunes" : Toulouse, Caen, Le Havre, Montpellier, Paris samedi ou encore Tours et Rouen dimanche.

Des "gilets jaunes", qui ont appelé comme chaque semaine à une manifestation samedi à Paris, invitent à un hommage à Steve, en jaune avec un brassard noir.

"Après Steve, à qui le tour?": à Toulouse, les "gilets jaunes" ont donné le ton sur Facebook du thème de leur manifestation.

La polémique sur l'attitude de la police le soir de la Fête de la musique reste vive.

Le rapport de l'IGPN, dévoilé mardi, a été jugé par certains trop favorable aux policiers. Selon la "police des polices", "il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police (...) entre 04H20 et 04H52 quai Wilson à Nantes et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 04H00 dans le même secteur".

Mais des zones d'ombre demeurent. Pour "aller plus loin", le Premier ministre Edouard Philippe a demandé une enquête de l'inspection générale de l'administration (IGA).

Vendredi, Christophe Castaner est revenu sur l'utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre, admettant qu'il y avait un "questionnement" sur leur usage.

La maire de Lille, Martine Aubry (PS), a estimé qu'"on ne pouvait pas être dans un pays où on doute de la police, ce n'est pas possible".

"On attend la vérité", a ajouté Mme Aubry sur France Bleu Nord.

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