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La vente de Rafale aux Emirats entraîne toute la filière aéronautique

 
 

(Belga) Des années de production assurées pour des centaines d'entreprises qui ont été fragilisées par la crise du Covid-19: la vente aux Emirats arabes unis de 80 avions de combat Rafale pour un total de 16 milliards d'euros entraîne toute la filière aéronautique française.

L'appareil, entré en service en 2004 et destiné à voler jusque dans les années 2060, est le fer de lance à l'export de l'industrie de défense française, troisième exportatrice mondiale. "Ce contrat nous garantit que la pérennité de la chaîne de production du Rafale est assurée jusqu'à fin 2031, cela donne énormément de visibilité à notre industrie", observe-t-on au cabinet de la ministre des Armées Florence Parly. Derrière Dassault Aviation, c'est un écosystème de 400 entreprises de toutes tailles impliquées dans sa production. Nombre de ces entreprises du secteur aéronautique n'ont qu'une partie de leur activité dans le domaine militaire et ont été affaiblies par l'effondrement du trafic aérien mondial provoqué par la pandémie. Les commandes militaires jouent donc un rôle d'amortisseur de crise. L'appareil est construit par un groupement d'intérêt économique (GIE Rafale), regroupant Dassault qui supervise 60% de la valeur de l'avion, l'électronicien Thales (22%) et le motoriste et équipementier de défense Safran (18%). Thales et ses sous-traitants fournissent ainsi le radar, les systèmes électroniques embarqués ou encore Spectra, système de protection de l'avion Spectra. Safran et ses fournisseurs apportent de leur côté les deux moteurs M-88 de l'appareil, le train d'atterrissage, le siège éjectable, le système de navigation inertielle (qui permet le repérage hors signal GPS) ou encore les câblages électriques. Dassault Aviation produit lui l'avion sur sept sites répartis sur le territoire: Seclin (Nord) pour les pièces mécaniques, Biarritz pour les pièces composites, Argenteuil (Val d'Oise, fuselage), Martignas (Gironde, voilures), Argonay (Haute-Savoie, commandes de vol), Poitiers pour les verrières ou encore Mérignac (Gironde) où a lieu l'assemblage final. Et au-delà de l'avion proprement dit, les ventes de Rafale se doublent en général de contrats pour le fabricant européen de missiles MBDA. De la forge de la première pièce jusqu'à la sortie d'usine, il faut compter trois ans pour produire un avion. Avec près de 200 appareils à livrer au total d'ici 2031, il va falloir augmenter les cadences et passer d'un appareil produit par mois (soit 11 par an), à deux puis à trois, convient le patron de Dassault Aviation Eric Trappier, pour qui "il n'y a pas de restrictions, il faut juste un peu de temps pour se préparer". "Onze Rafale par an, c'est 7.000 emplois directs" très souvent hautement spécialisés, selon le cabinet de la ministre. "Avec les montées en cadence, "mécaniquement il va y avoir des embauches", selon cette source, "probablement des milliers". (Belga)


 




 

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