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Nord: Bertrand exhorte Macron à ne pas "laisser sacrifier" Ascoval

Nord: Bertrand exhorte Macron à ne pas
Xavier Bertrand à Paris le 2 février 2018ERIC PIERMONT

Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) a écrit à Emmanuel Macron pour l'exhorter à ne pas "laisser sacrifier" l'aciérie Ascoval, basée à Saint-Saulve (Nord) et placée en redressement judiciaire, jugeant sa situation "très préoccupante".

"Comment pouvez-vous laisser sacrifier Ascoval, cet outil de production dont vous louiez, il y a trois ans, +le plus haut niveau de qualité+, et ses 250 salariés ?", demande l'ancien ministre du Travail dans un courrier au président de la République daté de lundi et dont l'AFP a obtenu copie mardi.

"Je vous demande de tout mettre en œuvre afin de trouver une issue favorable pour l'entreprise", placée en redressement judiciaire début janvier, ajoute-t-il.

Ascoval est détenue à 40% par le fabricant de tubes français Vallourec et à 60% par Asco Industries, ancienne société du groupe Ascométal, lui-même repris par le groupe suisse Schmolz+Bickenbach en février.

"Vallourec, dont l'Etat est actionnaire à 15%, préfère acheter le silence de tout le monde en versant de l'argent pour la liquidation plutôt que de soutenir un projet de reprise", a déploré mardi M. Bertrand sur Europe 1. "Ils sont prêts à payer des clous en or sur le cercueil de cette entreprise."

La période d'observation, qui prend fin le 26 septembre, doit permettre aux repreneurs potentiels de déposer des offres de reprise. "A ce jour, deux offres, encore imparfaites, sont parvenues aux administrateurs judiciaires", indique M. Bertrand dans sa lettre.

"M. Bertrand parle plus vite qu'il ne convainc", ont réagi dans un communiqué Sébastien Chenu, député (RN, ex-FN) du Nord et Philippe Eymery, président du groupe RN au Conseil régional des Hauts-de-France. "Dans le dossier Ascoval, il a fait cavalier seul (...) Les protagonistes industriels s'engagent d'autant moins que le politique régional s'en mêle... s'en mêle mal".

De son côté, la CGT a plaidé pour qu'une "solution pérenne" soit trouvée, rappelant dans un communiqué que "l'échéance est proche pour le choix d'un repreneur par le tribunal", avec une audience programmée le 26 septembre.

"Les pouvoirs publics doivent donc s’assurer qu’un schéma industriel cohérent et une assise financière fiable accompagnent la reprise d’activité. Si ce n’est pas le cas au 26 septembre, il faut prolonger le délai, voire procéder à une nationalisation temporaire", demande le syndicat.

La semaine dernière, Xavier Bertrand avait déjà dénoncé un "cynisme d'État qui consiste à laisser cette entreprise mourir". "La situation de l'entreprise est difficile. Il faut que nous examinions toutes les possibilités", avait réagi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

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