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Gilets jaunes en France: tensions en fin de journée à Paris, un policier victime d'un malaise cardiaque

Gilets jaunes en France: tensions en fin de journée à Paris, un policier victime d'un malaise cardiaque

Délaissant des Champs-Elysées interdits à la manifestation, plusieurs milliers de "gilets jaunes" ont défilé samedi dans un premier temps dans le calme à Paris, avant que des tensions n'éclatent en fin de journée. Victime d'un malaise, un CRS à dû subir un massage cardiaque.

Feux de poubelle et devanture de banque vandalisée: les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes samedi à Paris pour disperser le dernier cortège de "gilets jaunes", non loin du quartier de la République. Dans le même temps, un CRS a été victime d'un malaise et a dû subir un massage cardiaque. "Il était en position statique quand il a eu un malaise. L'ambulance est arrivée assez rapidement. Il a subi une réanimation d'environ une demie heure avant d'être emporté en ambulance", a constaté notre journaliste sur place Arnaud Gabriel. D'après la préfecture de Paris, l'état de santé du policier est jugé "très sérieux." 

Vers 17H00, alors que la manifestation autorisée des "gilets jaunes", qui ont défilé dans le calme de la place Denfert-Rochereau (sud) au Sacré-Coeur (nord), commençait à se disperser, un cortège est reparti vers le centre de Paris. Arrivés d'un bon pas sur le boulevard de Strasbourg, un des grands axes menant à la place de la République, les manifestants ont été bloqués par un rideau de CRS et de camions. Après un bref face-à-face, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser le cortège, en tête duquel se trouvaient plusieurs jeunes, sweats à capuche et foulards sur le nez.

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Un important déploiement

Plusieurs poubelles ont été incendiées, la vitrine d'une banque brisée et un distributeur vandalisé. Les renforts de police sont très vite arrivés, un canon à eau a été utilisé pour éteindre les feux de poubelle. Peu après 17H30, les manifestants avaient reflué et s'étaient éparpillés dans les rues alentours. Le déploiement des forces de l'ordre a été massif pour cet acte 19 du mouvement de contestation sociale des "gilets jaunes". Après les scènes d'émeute et de saccage sur les Champs-Elysées la semaine dernière, la grande avenue parisienne avait été interdite à toute manifestation.

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©RTLinfo

D'après les estimations du ministère de l'Intérieur, régulièrement contestées par les "gilets jaunes", à 14H00, 3.100 personnes avaient manifesté à Paris. A 17H00, il y avait eu 70 interpellations dans la capitale, 6.825 "contrôles préventifs" et 49 verbalisations sur le périmètre interdit, selon la préfecture.

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"On est là!"

La situation était nettement plus tendue en région. A Montpellier, qui n'avait pas été soumise samedi à des restrictions de manifester, des échauffourées ont éclaté environ deux heures après le départ d'un cortège rassemblant 4.500 personnes selon la préfecture. Vers 16H00, les forces de l'ordre ont fait des sommations puis procédé à des tirs nourris de grenades lacrymogènes, alors que des manifestants leur jetaient canettes et bouteilles de bière, a constaté une journaliste de l'AFP.


© Belga

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"On est là même si Macron le veut pas"

Des tensions étaient palpables dans plusieurs villes, où les manifestations avaient été interdites dans les lieux emblématiques et traditionnels points de rassemblement de "gilets jaunes." A Nice, des heurts ont éclaté dans l'après-midi lorsque quelques centaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans le périmètre interdit aux rassemblements, déclenchant des tirs nourris de gaz lacrymogène. Au total, 26 personnes ont été interpellées, selon la préfecture, et une manifestante blessée dans la ville où les présidents chinois et français sont attendus dimanche et lundi. A Bordeaux, place forte du mouvement, des tensions se sont fait sentir en centre-ville, là aussi interdit de manifestation, avec l'arrivée de militants des "black blocks" en milieu d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP. La foule était ailleurs moins nombreuse que d'habitude dans la ville où beaucoup n'avaient pas enfilé leur traditionnel gilet. "C'est pour éviter de me faire tirer dessus par des flash balls. Et comme ça, je pourrai partir plus facilement si ça dégénère", expliquait une quinquagénaire. A La Rochelle, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui leur lançaient des projectiles aux abords du vieux port, interdit d'accès, a constaté un correspondant de l'AFP. L'ultragauche, présente en force à Paris samedi dernier, "veut se mobiliser mais en privilégiant les manifestations régionales", avait estimé une source policière avant cette journée d'action. A Nantes, 400 manifestants se sont élancés vers 14H00, pour une manifestation en périphérie de la ville qui s'est tendue quand les gendarmes ont voulu faire reculer les manifestants qui refusaient d'obtempérer. A Toulouse, au chant de "on est là même si Macron le veut pas", quelques milliers de "gilets jaunes" ont manifesté en début d'après-midi dans le centre-ville.


Véronique, retraitée de l'Education nationale, voulait toutefois que les manifestants défient l'interdiction. "Il faut aller sur la place, on n'est pas dans la rue pour rien mais pour défendre nos droits" affirmait cette "gilet jaune". Les forces de l'ordre ont fini par charger pour disperser quelques milliers de "gilets jaunes" dans le périmètre entourant la place du capitole où les manifestations ont été interdites, et interpellé au mois trois personnes, selon une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont notamment tenté d'interpeller des jeunes massés derrière une banderole rouge et noire, et qui, pour certains, avaient le visage dissimulé par un foulard.

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