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Pologne: sévère cure d'austérité pour les ministres et les parlementaires

Pologne: sévère cure d'austérité pour les ministres et les parlementaires
Le chef du parti au pouvoir PiS en Pologne, Jaroslaw Kaczynski à Varsovie, le 14 novembre 2017JANEK SKARZYNSKI

Les ministres polonais devront rendre à Caritas leurs primes de 2017 et les parlementaires verront probablement leur salaire baisser de 20%, a décidé jeudi le parti conservateur au pouvoir, réagissant à une chute abrupte dans les sondages.

"Les ministres et les secrétaires d'Etat qui sont des hommes politiques, ont décidé de remettre leurs primes, d'ici à la mi-mai, à Caritas, pour des oeuvres sociales", a annoncé le chef de Droit et Justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski, à l'issue d'une réunion du Comité politique du parti. "Vox populi, vox dei", a-t-il ajouté.

Le PiS a décidé aussi d'adresser immédiatement au Parlement un projet de loi destiné à baisser de 20% la rémunération des députés et des sénateurs. Il demandera aussi l'introduction de plafonds de salaire pour les maires et autres responsables régionaux et locaux, souvent rémunérés plus généreusement que les membres du gouvernement.

Quant aux chefs des sociétés d'Etat et de celles appartenant aux collectivités locales, ils se verront privés de toutes les rémunérations annexes qui doublaient souvent leur salaire, a encore précisé M. Kaczynski.

Les primes annuelles que le gouvernement s'est allouées lui-même, révélées en février, ont représenté en 2017 entre quinze et dix-neuf mille euros, un montant qui a créé un choc dans une partie de la société où le salaire moyen s'élève à environ mille euros et où bien des Polonais n'atteignent pas ce niveau.

Les réactions ont été d'autant plus fortes que l'ancienne Première ministre Beata Szydlo a affirmé, devant les caméras de télévision, que ces primes étaient tout à fait légitimes et correspondaient au "dur travail" fourni par ses ministres.

Les médias et l'opposition ont aussitôt rappelé des déclarations de M. Kaczynski et de son parti qui, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, ont violemment critiqué les primes - beaucoup plus modestes - qu'avaient touchées les ministres du gouvernement centriste de Donald Tusk.

L'affaire a fait boule de neige dans les médias et selon un sondage de l'institut Kantar MB pour la télévision privée TVN, le parti conservateur a accusé une chute inattendue et inédite depuis son arrivée au pouvoir en 2015, tombant de 40% d'intentions de vote à 28%.

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