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Trump balaie une enquête sur les origines de sa fortune

Trump balaie une enquête sur les origines de sa fortune
(ILLUSTRATION) La Trump Tower, à New York, le 24 août 2018SPENCER PLATT

Un "papier à charge", "ennuyeux", "déjà vu": Donald Trump a balayé mercredi l'enquête du New York Times qui affirme qu'il aurait reçu 400 millions de dollars de ses parents, mettant en doute ses talents supposées d'homme d'affaires et exposant à nouveau le flou autour de sa fortune.

L'ex-magnat de l'immobilier a répondu par l'ironie à cette enquête-fleuve, qui s'étalait mercredi sur huit pages du journal new-yorkais, résultat de plus d'un an d'enquête et de plongée dans des milliers de déclarations d'impôts et de documents financiers.

L'article du quotidien est "un papier à charge, très vieux, ennuyeux et déjà vu me concernant", a tweeté le président mercredi matin, accusant une fois encore le New York Times de ne s'être jamais remis de sa victoire sur Hillary Clinton.

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a elle aussi qualifié l'article de "très ennuyeux".

Elle a répété, comme l'avait fait mardi un avocat de M. Trump, que les accusations de fraude et d'évasion fiscale avancées par le journal étaient "totalement fausses", et assuré que l'article montrait que le père du président avait "une totale confiance en son fils".

"Ils ont gagné beaucoup d'argent ensemble. Son père en était arrivé à dire que tout ce que (Donald Trump) touchait devenait de l'or", a-t-elle ajouté.

Le milliardaire républicain n'a lui rien dit sur la substance des accusations du quotidien: à savoir que pour bâtir son empire immobilier, il aurait bénéficié d'un apport total de 400 millions de dollars de ses parents et non d'un prêt limité à un million de dollars, comme il l'a toujours affirmé.

A en croire le New York Times, son père l'aurait aussi appuyé financièrement à plusieurs moments clés, le tirant de situations délicates dues à des erreurs stratégiques.

Intervenant après de multiples scandales autour de la présidence Trump, et en pleine bataille sur la confirmation de son candidat controversé à la Cour suprême Brett Kavanaugh, les révélations du New York Times ne semblaient pas mercredi devoir ébranler sérieusement la Maison Blanche.

- Choux gras pour humoristes -

Une affirmation du quotidien selon laquelle Donald Trump aurait reçu de son père 200.000 dollars par an dès l'âge de trois ans a néanmoins marqué les esprits.

Plusieurs commentateurs et humoristes l'ont tournée en dérision mardi soir, comme l'animateur vedette Stephen Colbert sur CBS, qui a ironisé sur le manque de maturité du président: "Donald Trump a donc été un bambin extraordinairement riche. Et aujourd'hui? Il l'est toujours".

Le locataire de la Maison Blanche aurait aussi, selon le quotidien new-yorkais, usé avec sa famille, des années durant, de multiples stratagèmes pour que ces flux échappent au fisc.

Si le journal reconnaît que beaucoup de ces stratagèmes ne constituent pas des délits, il accuse M. Trump d'avoir créé, avec ses quatre frères et soeurs, une société écran avec pour seul objectif de dissimuler les dons de leurs parents, ce qui serait illégal.

Depuis que le milliardaire s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle, en 2015, tout en refusant de publier ses déclarations d'impôts, les spéculations sur sa fortune reviennent régulièrement.

D'autant qu'il a refusé, après son élection, de céder ses avoirs au sein de sa holding, la Trump Organization, comme l'y enjoignaient les spécialistes en éthique gouvernementale.

Il en reste propriétaire, même s'il en a laissé la gestion à ses fils, Eric et Donald Trump Junior. Son entreprise familiale, non cotée, n'a aucune obligation de transparence sur ses activités.

Le président continue aussi à séjourner dans des hôtels ou clubs de golf à sa marque, ce qui lui vaut de multiples soupçons de conflits d'intérêt et plusieurs assignations en justice.

Plusieurs grands médias, dont le New York Times, s'étaient émus de ce mélange des genres dès son arrivée à la Maison Blanche, créant parfois des équipes spéciales de journalistes pour enquêter sur ses affaires.

Ironie du sort: aussi obscure que soit la fortune de Donald Trump, elle semble pâtir de son séjour à la Maison Blanche.

Dans son classement des milliardaires américains publié mercredi, le magazine Forbes évalue sa fortune à 3,1 milliards de dollars, comme en 2017, contre 4,5 milliards en 2015.

Forbes a calculé que s'il avait cédé ses participations et laissé un fonds investir dans des actions sans avoir aucun droit de regard, comme beaucoup l'y encourageaient, sa fortune serait aujourd'hui supérieure de 500 millions de dollars.

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