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Procès Pastor: le gendre de la victime clame son innocence

Accusé d'avoir commandité l'assassinat de sa belle-mère, la richissime héritière monégasque Hélène Pastor, Wojciech Janowski a déclaré lundi au premier jour du procès devant les assises des Bouches-du-Rhône être "innocent" et "n'avoir commis aucun crime" mais son ancien coach sportif a réitéré ses accusations contre lui.

Costume et cravate sombres sur chemise blanche, Wojciech Janowski, 69 ans, a répété la deuxième version qu'il avait donné aux enquêteurs : "Je suis innocent, je n'ai commis aucun crime", a-t-il affirmé.

Mais de l'autre côté du box des accusés son ancien coach sportif, Pascal Dauriac, 49 ans, en polo bleu sombre a renouvelé ses accusations, désignant M. Janowski comme étant le seul commanditaire du double crime.

Le 6 mai 2014, vers 19H00, Hélène Pastor, 77 ans, héritière d'un empire immobilier monégasque, est visée avec son chauffeur Mohamed Darwich, 54 ans, par des tirs au moment où son monospace quitte un hôpital niçois où elle avait rendu visite à son fils, Gildo. Les deux victimes, grièvement blessées, succomberont quelques jours plus tard.

Al Hair Hamadi, 35 ans, l'un des deux Marseillais recrutés pour exécuter le contrat, a avoué devant la cour, avoir joué le rôle du guetteur.

Son complice présumé, Samine Said Ahmed, un autre marseillais connu de la justice pour des affaires de drogue et de violence, et désigné comme étant le tireur a pour sa part "contesté les accusations".

Au total, 10 personnes sont jugées jusqu'au 19 octobre pour leur participation, à des degrés divers, dans la machination qui devait permettre à Wojciech Janowski, selon l'accusation, de faire main basse sur la part d'héritage qui devait revenir à sa compagne, Sylvia Ratkowski, la fille d'Hélène Pastor.

S'exprimant en français avec un fort accent polonais, Wojciech Janowski, s'est présenté lundi comme gérant de sociétés. Au cours de l'enquête, celui qui était au moment des faits consul honoraire de Pologne à Monaco, avait dans un premier temps passé des aveux, reconnaissant avoir organisé l'assassinat de sa belle-mère pour protéger sa compagne depuis 28 ans, selon lui, malmenée psychologiquement par sa mère. Il s'était ensuite rétracté, assurant n'avoir pas compris lors de sa garde à vue le sens du mot "commanditaire" et accusé son ancien coach sportif de lui avoir soutiré de l'argent contre une "protection".

- Une multitude d'indices -

Le jour où sa mère meurt, Gildo Pallanca-Pastor assure avoir eu un pressentiment en voyant son beau-frère Wojciech Janowski à proximité de la chambre mortuaire: "Je l'ai regardé, il avait le sourire, il appelait quelqu'un. J'ai pensé +ce type, il a quelque chose qui ne va pas+", a-t-il déclaré à l'AFP quelques heures avant le début du procès.

L'enquête a permis de retrouver très rapidement la trace des tueurs présumés qui avaient agi à visage découvert et laissé dans leur sillage une multitude d'indices.

La police les suit de près et passe au crible leurs appels téléphoniques ainsi que les images de vidéosurveillance qui lui permettent de remonter jusqu'aux donneurs d'ordre présumés.

Le 23 juin, elle procède à une vague d'interpellations dans laquelle figurent Sylvia, demi-sœur de Gildo, et son compagnon, Wojciech Janowski. La fille d'Hélène Pastor dont la fortune est estimée à 12 milliards d'euros est rapidement mise hors de cause par les enquêteurs, mais pas son compagnon.

En dépit des apparences, Wojciech Janowski est aux abois: selon l'accusation, il détourne depuis des années à son profit ou pour ses sociétés une grande partie des 500.000 euros que verse chaque mois Hélène Pastor à sa fille.

L'homme d'affaires qui comparaît aussi pour subornation de témoin est accusé - ce qu'il nie - d'avoir payé par l'intermédiaire de sa nièce avocate, un détenu pour qu'il livre un faux témoignage le dédouanant et accusant Pascal Dauriac.

Dans son testament, Hélène Pastor avait prévu de partager sa fortune entre ses deux enfants, parties civiles au procès.

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