"À l'horizon 2020, les Etats-Unis pourraient quitter le top 50 du classement des pays où la liberté de la presse est en vigueur"

La liberté de la presse est-elle désormais menacée aux Etats-Unis, à cause de l'attitude du président Donald Trump? Analyse avec Roberto De Primis, expert en relations internationales.

Aux Etats-Unis, plus de 100 médias publient ensemble un éditorial adressé à Donald Trump. Son titre: "Les journalistes ne sont pas des ennemis". Il rappelle au président américain l'importance de la presse et s'inquiète de 2 choses: que le président fasse pression constamment et ouvertement sur les journalistes. Et que les Etats-Unis deviennent un pays sans presse libre comme la Chine, la Russie ou la Turquie.

Roberto De Primis, expert en relations internationales était sur le plateau du RTLINFO13H pour nous expliquer l'attitude de Donald Trump avec la presse...et ses répercussions.

Fake news

Donald Trump a popularisé la notion de fake news, en disant que ce que disent les journalistes est faux. Et Roberto de Primis d'offrir son analyse sur la tenue et les conséquences de tels propos: "Donald Trump évite d'avoir un dialogue avec la presse. On le sait, depuis le début de sa présidence, depuis 2016. Les relations entre les médias, les grands groupes de presse et même la presse locale et le président Trump sont assez houleuses. C'est difficile. À chaque fois qu'un média ou un journaliste en particulier contredit le président, Donald Trump répond que c'est une fake news, donc cela veut dire: "Vous ne rapportez pas la vérité". De cette manière, il écarte la seule vérité accessible au citoyen, accessible aux médias."

Donald Trump personnifie ces fakes news. Ce n'est pas juste un concept. Pour lui, ce sont bien des personnes mal intentionnées. "On l'a vu ces derniers temps écarter des journalistes de certains points presse. Il pointe du doigt des journalistes de la BBC et de CNN en leur faisant comprendre qu'ils colportent des fake news et qu'ils ne rapportent pas les faits, ce qui s'est réellement déroulé sur le terrain. Et les chiffres parlent d'eux mêmes dans les sondages réalisés auprès de la population: "Les citoyens américains croient que les différentes informations rapportées par les différents groupes de médias sont de moins en moins crédibles", nous informe Roberto De Primis.

Cette enquête qui montre que les Américains ont de moins en moins confiance dans les médias... C'est à cause de Trump? Où elle suit la tendance de la société?

Roberto de Primis: "Les fake news ne sont pas nées avec Donald Trump. Il y a eu un phénomène d'accélération sur cette présidence. On le voit. Il l'a utilisé dès la campagne électorale mais ce phénomène s'est amplifié depuis qu'il est à la Maison Blanche. Les journalistes doivent combattre au quotidien pour faire valoir cet accès à l'information et cet accès à la vérité. Donald Trump n'est qu'un phénomène d'accélération."


Les Etats-Unis vont-ils devenir un régime autoritaire comme l'est La Russie, la Turquie où tous les opposants sont muselés, qu'ils soient de la presse, qu'ils soient politiques ou de la société civile?

"Les Etats-Unis ont toujours été le bastion de la liberté de la presse. C'est là où Pulitzer a son prix de l'investigation. Il faut faire attention, parce que depuis quelques années, il y a une dégringolade dans le bastion de la liberté de la presse qui a été répertoriée par Reporters sans frontière. Les Etats-Unis sont encore dans le top 50 du classement des pays où la presse est libre, mais c'est assez risqué de voir la situation qui se passe actuellement entre Donald Trump et les médias, parce que, à l'horizon 2020, lors des prochaines élections présidentielles, les Etats-Unis seront peut-être hors de la 50ème place."

Et Roberto De Primis de rappeler le travail des journalistes. "C'est un travail de longue haleine au quotidien des journalistes pour rapporter. Il faut peut-être une différente approche de leur part plutôt que d'écrire ces éditos qui sont à charge et qui peuvent cristalliser le camp de Donald Trump. C'est là que cela pourrait devenir problématique parce que Donald Trump et son camp vont peut-être utiliser cela en disant: "Vous voyez, c'est la presse contre nous."

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