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"Miraï, ma petite soeur", une exploration délicate des liens familiaux

Le metteur en scène japonais Mamoru Hosoda le 22 septembre 2015 au festival de San SebastianANDER GILLENEA

"La famille est devenue mon sujet de prédilection, car elle change", dit-il. Dans "Miraï, ma petite soeur", en salles mercredi, le maître de l'animation japonaise Mamoru Hosoda explore avec délicatesse les liens familiaux et leur évolution moderne, à travers le regard d'un petit garçon de quatre ans.

Nommé aux Golden Globes, sélectionné au Festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, "Miraï ma petite soeur" raconte l'histoire de Kun, quatre ans, qui doit faire face à la naissance de sa petite soeur, Miraï.

Jaloux de ce bébé qui lui vole l'attention de ses parents, déboussolé par sa mère qui reprend le travail tandis que son père décide de rester à la maison, Kun se réfugie régulièrement dans le jardin, où un arbre magique le fait voyager dans un monde fantastique.

Passé, présent et futur s'y mélangent, lui permettant de faire la connaissance de ses proches à différents âges de leur vie, sa soeur devenue adolescente, sa mère enfant, ou son arrière grand-père dans sa jeunesse. Ces rencontres vont l'amener à mieux comprendre ses proches et les relations qui les unissent.

Avec ce film, le réalisateur des "Enfants loups, Ame et Yuki" et du "Garçon et la Bête" décrit avec acuité et sensibilité les sentiments d'un enfant déstabilisé par l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille, mais aussi ceux de ses parents, couple moderne qui cherche à redistribuer les rôles parentaux, non sans tensions.

Il s'attache en particulier à décrire avec humour la situation de ce père désarçonné par les nouvelles tâches qu'il doit assumer, un personnage inspiré de sa propre expérience.

"Quand mon fils est né, je travaillais sur +Le Garçon et la Bête+, et j'étais très peu à la maison. Je me reposais énormément sur ma femme", a raconté Mamoru Hosoda à l'AFP à Cannes.

"Ma femme (...) m'a demandé si j'allais faire la même chose pour le deuxième enfant", a-t-il ajouté. "Cela m'a fait vraiment réfléchir. Je voulais élever mes enfants, alors j'ai changé", souligne le cinéaste de 51 ans, fan du studio Ghibli d'Hayao Miyazaki et Isao Takahata, qui dit avoir choisi de parler de la famille dans ses films car "on ne sait pas où elle va".

"Le Japon peut apparaître comme un pays conservateur, mais les rôles au sein du couple et la définition de ce qui constitue une famille, tout cela est en train de changer".

Avec "Miraï", il explique aussi avoir voulu "raconter une grande histoire", celle du Japon moderne et du "cycle de la vie", à partir "d'une petite histoire", celle de cette famille.

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