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Action anti-migrants dans les Alpes: de la prison ferme prononcée contre des cadres de Génération identitaire

Action anti-migrants dans les Alpes: de la prison ferme prononcée contre des cadres de Génération identitaire
Clément Gandelin le président de Génération Identitaire le 11 juillet 2019 à GapPHILIPPE DESMAZES

De la prison ferme a été prononcée jeudi à l'encontre de trois dirigeants de Génération identitaire, après la spectaculaire opération anti-migrants menée dans les Alpes par l'organisation d'extrême-droite au printemps 2018. Un jugement "politique", selon les prévenus, qui feront appel.

Le tribunal correctionnel de Gap a suivi les réquisitions du procureur de la République Raphaël Balland, lors de l'audience du 11 juillet.

L'association s'est vue aussi infliger une amende de 75.000 euros - le maximum prévu par la loi.

Dans la motivation de son jugement, que l'AFP a pu consulter, le tribunal a considéré que, "compte-tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l'importance du trouble à l'ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l'importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus", la prison ferme s'imposait.

Contre Clément Gandelin (dit Galant), 24 ans, président de Génération identitaire, son porte-parole Romain Espino, 26 ans, et un organisateur actif du mouvement, Damien Lefèvre (dit Rieu), 29 ans, le tribunal a aussi prononcé 2.000 euros d'amende, ainsi que la privation de leurs droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans.

Me Pierre-Vincent Lambert, avocat des prévenus, a qualifié près de l'AFP cette décision de "délirante" et "politique". Selon lui, il y a "une volonté de dissuader [ses] clients de continuer leurs activités militantes".

Me Lambert a immédiatement annoncé l'intention de ses clients d'interjeter appel. "On ira évidemment jusqu'au bout. Mes clients sont déterminés. (...) C'est quand même un dossier où il n'y a pas une seule victime."

- "un honneur" -

Sur Twitter, Damien Lefèvre a, lui, accueilli cette décision "politique" comme "un honneur, une médaille". "L'Etat a donc décidé de persécuter les jeunes Français qui osent prouver symboliquement et pacifiquement que défendre nos frontières est possible."

Pour Clément Gandelin, joint par l'AFP, "on aurait pu deviner" la décision du tribunal au vu, selon lui, de la manière dont s'est déroulée l'audience.

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une vaste opération au col de l'Échelle, point de passage de nombreux migrants dans les Hautes-Alpes.

Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleue s'étaient mobilisées, avec deux hélicoptères, une banderole géante, et une "frontière symbolique" matérialisée dans la neige par des grillages en plastique.

D'où la décision du procureur de poursuivre les prévenus pour des "activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique".

Dans les semaines suivantes, les militants d'extrême-droite avaient aussi annoncé des interceptions de migrants et des enquêtes sur les passeurs.

A l'audience, l'association pro-migrants "Mouvement citoyen Tous migrants" avait souhaité se constituer partie civile. Mais sa demande avait été jugée irrecevable car ses statuts auraient dû être déposés "depuis au moins cinq ans à la date des faits", ce qui n'est pas le cas de l'association, "déclarée en préfecture le 21 décembre 2016".

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