Ce matin, le monde entier a suivi les cérémonies russes qui commémoraient, comme chaque année le 9 mai, la victoire de la Russie sur les troupes nazies en 1945. Avec la guerre en Ukraine en cours, ces célébrations avaient une tonalité particulière. Juste avant ce défile, Vladimir Poutine a pris la parole. Le président russe a déclaré tout faire pour éviter une troisième guerre mondiale.
Pour analyser ce défilé et ce discours, Nicolas Gosset, chercheur à l'Institut royal de défense, était invité sur le plateau du RTL INFO 13h.
Tout le monde se demandait notamment si Vladimir Poutine allait enfin utiliser le mot "guerre" plutôt qu’"opération spéciale" de la Russie en Ukraine. Mais cela n’a pas été le cas.
"Non seulement, on reste dans le registre de l’opération militaire spéciale, donc pas de mobilisation générale, mais en plus le mot même "Ukraine" n’a pas été mentionné dans son discours. On a eu droit en substance à un discours qui, par rapport aux années précédentes, était plus ancré dans le présent, dans le futur et moins de références à la grande guerre patriotique si ce n’est la continuation de la lutte contre le nazisme en 41-15 et la guerre en Ukraine. Surtout c’était un exercice de justification de l’approche du conflit par le Kremlin", analyse Nicolas Gosset.
ll est aussi revenu sur cet argument très fantaisiste des armes nucléaires
Comment Vladimir Poutine parvient-il justement encore aujourd’hui à justifier cette guerre qui s’enlise ? Au départ, la Russie avait espéré une opération très rapide en Ukraine. Or, les Russes sont loin d’être sortis de cette opération militaire. "Effectivement, aucun des objectifs initiaux n’a été atteint. Le Donbass est encore très loin d’être contrôlé par la Russie. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de mention de succès, de victoire", souligne le chercheur.
"En fait, le discours était en continuité complète avec l’argumentation qui est développée depuis le début, c’est-à-dire que l’Ukraine préparait une offensive selon Poutine contre le Donbass. Ce qui est un non-sens absolu, cela n’a jamais été mis en œuvre ou intenté. Il est aussi revenu sur cet argument très fantaisiste selon lequel l’Ukraine cherchait à acquérir les armes nucléaires. On est donc dans ce contexte général où l’opération présentée comme une riposte préventive visée à empêcher l’Ukraine de poser une menace existentielle à la Russie", ajoute-t-il.
