Argentine: suite de la perquisition dans une propriété de Cristina Kirchner

Argentine: suite de la perquisition dans une propriété de Cristina Kirchner
Des membres de la gendarmerie d'Argentinemènent une perquisition dans la résidence de vacances de l'ancienne présidente Cristina Kirchner soupçonnée de corruption, à El Cafate, dans la province argenWalter Diaz

Des magistrats et des policiers ont poursuivi samedi la perquisition commencée la veille dans l'une des propriétés de l'ancienne présidente argentine Cristina Kirchner dans le cadre d'une affaire de corruption.

Il s'agit de la troisième propriété de Mme Kirchner, présidente de 2007 à 2015 et actuellement sénatrice.

Après son appartement à Buenos Aires et une maison à Rio Gallegos en Patagonie, dans le sud de l'Argentine, c'est une autre résidence à El Calafate, site touristique également en Patagonie connu pour son glacier du Perito Moreno, qui a été perquisitionnée.

Pour le moment, les enquêteurs n'ont pas fait de découverte significative, selon des sources judiciaires citées par des médias argentins.

"On a examiné samedi le sous-sol de la maison" d'El Calafate, a déclaré une source proche de l'enquête, citée par des médias. On ignorait si l'opération, lancée vendredi, allait se poursuivre dimanche.

Ces perquisitions interviennent dans le cadre du scandale des "cahiers de la corruption", qui a révélé des versements de pots-de-vin à l'administration Kirchner par des entreprises du bâtiment et de travaux publics (BTP).

Mercredi, le Sénat avait partiellement levé l'immunité de Cristina Kirchner en autorisant ces perquisitions.

Le président argentin Mauricio Macri a évoqué cette affaire vendredi.

"En voyant tout ce qui s'est passé, nous comprenons pourquoi il nous manque les routes dont nous avons besoin", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Tucuman, dans le nord de l'Argentine. "L'argent de la corruption explique les choses qui nous font défaut et les défis que nous avons", a dit le président de centre droit.

Le scandale a éclaté le 1er août avec la publication du contenu de plusieurs cahiers d'écolier dans lesquels Oscar Centeno, chauffeur du vice-ministre de la Planification (Travaux publics) Roberto Baratta, notait méticuleusement la date, l'heure et le lieu de la remise de sacs d'argent.

Les pots-de-vin versés par des entreprises du secteur du BTP étaient acheminés soit au domicile de ministres du gouvernement Kirchner, soit dans un appartement du couple Kirchner, ou encore à la résidence présidentielle d'Olivos, près de Buenos Aires.

Depuis, une vingtaine de patrons de grandes entreprises du BTP ont été convoqués par le juge Claudio Bonadio. La plupart d'entre eux ont reconnu les faits et accepté de collaborer avec la justice, tandis que d'autres ont été placés en détention préventive.

Cristina Kirchner assure que les accusations à son encontre sont liées aux "intérêts économiques concentrés et hégémoniques très puissants" qu'elle avait menacés durant sa présidence.

Elle soutient aussi que ces investigations n'ont qu'un seul but: l'écarter en tant que principale figure de l'opposition qui pourrait à nouveau postuler à la présidence en 2019.

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