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Arnaud Beltrame, le colonel de gendarmerie "tombé en héros"

"Homme de bien, homme de coeur". L'officier de gendarmerie Arnaud Beltrame, assassiné après s'être substitué à une otage du jihadiste de l'Aude et qui recevra un hommage national mercredi, a été fidèle jusqu'à son dernier souffle à son sens du "sacrifice".

"En donnant sa vie pour mettre un terme à l'équipée meurtrière d’un terroriste djihadiste, il est tombé en héros", a souligné le président Emmanuel Macron, qui prononcera l'éloge funèbre sur la place des Invalides.

Pour ses proches, l'acte de bravoure du lieutenant-colonel, qui a été fait colonel à titre posthume, était une évidence, tant ses convictions au service de la patrie lui étaient chevillées au corps.

"Tu t'es comporté dans tes derniers instants comme tu t'es comporté durant toute ta vie: en patriote, en homme de bien, en homme de coeur", a écrit son frère Damien sur Facebook.

Arnaud disait "souvent +ma patrie, c'est avant ma famille+, ce que j'acceptais", a rapporté sur RTL sa mère Nicolle qui n'a pas de haine vis-à-vis de l'assassin de son fils, juste "de l'indifférence et le plus grand mépris".

"Pour lui, être gendarme, ça veut dire protéger", a confié sa veuve Marielle à l'hebdomadaire chrétien La Vie. "C'est le geste d'un gendarme et le geste d'un chrétien, on ne peut pas séparer l'un de l'autre", a ajouté cette vétérinaire, dont le mariage religieux devait être célébré en juin en Bretagne, où son époux avait ses racines.

"Seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous", a également estimé le père Jean-Baptiste, qui a accompagné le couple dans sa préparation au mariage et a donné l'extrême onction au gendarme samedi à l'hôpital de Carcassonne.

"Il savait que sa vie (...) était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort", a encore écrit le prêtre sur le site du diocèse, évoquant l'"authentique conversion" du gendarme à près de 33 ans.

Quelqu'un de "très nature, de très famille", selon son cousin Johann Nicolic. L'officier, initié de la Grande Loge de France depuis 2008, avait enterré son père le 16 mars, sans doute victime d'un accident ou d'un malaise en mer au large du Grau-du-Roi (Gard).

Les obsèques d'Arnaud Beltrame, qui sera élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur, auront lieu jeudi en la cathédrale de Carcassonne avant l'inhumation à Ferrals-les-Corbières (Aude) où le couple résidait.

Mercredi, il sera également décoré à titre posthume des médailles de la sécurité intérieure, de la gendarmerie nationale et de celle pour acte de courage et dévouement.

- Jusqu'au bout de son engagement -

Pour le général Richard Lizurey, le patron des gendarmes, l'officier, qui a péri poignardé en "bouclier humain" du jihadiste dans le Super U de Trèbes, "est allé jusqu'au bout de son engagement, en cela la gendarmerie nationale est fière de ce qu'il a fait, fière d'avoir compté Arnaud Beltrame dans ses rangs".

Silhouette élancée, yeux clairs, jovial et convivial, Arnaud Beltrame avait gravi un à un les échelons de la gendarmerie, après s'être engagé il y a 23 ans comme officier de réserve.

Il était sorti major de l’Ecole militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan en 1999, où ses supérieurs avaient décelé en lui un militaire "qui se bat jusqu'au bout et n'abandonne jamais", selon l'Elysée.

Il était sorti également major de l'école des officiers de la gendarmerie en 2001 avant d'être retenu en 2003 avec six autres gendarmes sur 80 candidats pour intégrer le GSIGN (actuel GIGN).

Il avait ensuite fait partie de l'Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale (EPIGN), une unité d'élite, effectuant notamment des missions sensibles en Irak.

Devenu par la suite commandant de compagnie au sein de la Garde Républicaine affecté pendant quatre ans à la sécurité de l'Elysée, il avait été commandant de la compagnie d'Avranches (Manche) jusqu'en 2014, puis conseiller auprès du secrétaire général du ministère de l’Écologie, avant de devenir numéro 3 du groupement de l'Aude il y a un an.

"Il avait une haute idée de son devoir", a témoigné à l'AFP un ami, Jean-Pierre Raboteau, ancien militaire élu à Trédion (Morbihan), où vit la mère du défunt. "Je lui avais dit +on a un chèque en blanc sur la vie+, il m'avait dit que +oui+".

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