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Asile et migration - La crise humanitaire toujours présente aux frontières de l'UE, soulignent les ONG

(Belga) Si le nombre de demandes d'asile introduites à l'intérieur de l'UE "a chuté" ces dernières années, ces mêmes demandes se sont multipliées en Grèce, résultat d'une politique qui repousse vers les frontières européennes une partie de la problématique, au détriment des conditions d'accueil. C'est le rappel alarmant lancé par 25 organisations qui dénoncent dans une lettre ouverte la politique européenne en la matière, dont l'accord passé avec la Turquie et qui "fêtera" ses trois ans dans quelques jours (le 18 mars).

La "lettre ouverte" signée par des dizaines d'ONG dont Human Rights Watch, Amnesty International et Oxfam, ainsi que différentes organisations basées en Grèce (ActionAid, Caritas, JRS, Council for Refugees,...), entre autres, est adressée jeudi aux chefs d'Etat des pays membres de l'UE, et à leurs ministres en charge de la migration, de la justice et de l'intérieur. En mars 2016, dans une tentative de gérer les flux migratoires passant par la Turquie et la mer Egée pour rejoindre le Vieux Continent, après une année 2015 de "crise des réfugiés", l'UE des 28 avait fini par conclure un accord avec Ankara, prévoyant notamment l'expulsion depuis les îles grecques vers la Turquie des migrants en situation illégale qui avaient suivi ce chemin. En échange, des réfugiés syriens arrivés en Turquie devaient quant à eux être réinstallés en Europe. Cet accord, survenu peu de temps après la décision unilatérale de pays de l'est européen de fermer la "route des Balkans", a des effets pervers, dénoncent les organisations jeudi, évoquant la situation dramatique des migrants entassés sur les îles grecques. "Cette politique qui coince les gens sur les îles grecques et les empêchent d'atteindre le continent a causé un cycle récurent et sans fin de surpopulation, de conditions de vie indignes et d'accès très limité aux services: les 'hotspots' européens continuent de fournir le logement et des services de base, mais bien en deçà des standards minimum", peut-on y lire. Les ONG rappellent que la "réponse européenne" en Grèce "a eu des conséquences désastreuses sur les droits des réfugiés, notamment en matière de santé et de sécurité", ce qui a été prouvé par "d'innombrables rapports". Les organisations évoquent le chiffre de 12.000 personnes actuellement retenues sur des îles grecques dans des centres d'accueil et d'identification qui ne sont pas censés en accueillir autant. Et à peine 6% des candidats à l'asile débarquant à Lesbos, par exemple, seraient en réalité éligibles à un retour vers la Turquie dans le cadre de l'accord avec l'UE. Un appel est lancé à un véritable accord de "partages des responsabilités" à travers l'UE, pour désengorger les camps grecs et assurer un peu partout des conditions d'accueil dignes. Les fonds de l'UE à la Grèce devraient par ailleurs être prioritairement utilisés non pas pour renforcer les frontières mais pour assurer une gestion efficace de l'arrivée des migrants, lancent les ONG, qui appellent aussi à pousser Athènes à mettre un terme aux restrictions de mouvement imposées aux migrants. (Belga)

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