En ce moment
 
 

Birmanie : un réalisateur, critique envers l'armée, condamné à un an de prison

Birmanie : un réalisateur, critique envers l'armée, condamné à un an de prison
Le réalisateur Min Htin Ko Ko Gyi s'adresse aux journalistes après avoir été jugé, le 29 août 2019 à RangounSai Aung MAIN

A découvrir

Un réalisateur birman critique envers l'armée a été condamné jeudi à un an de prison par un tribunal de Rangoun, une sentence qui fait peser de "graves menaces" sur la liberté d'expression, selon des associations de défense des droits humains.

Min Htin Ko Ko Gyi, militant et organisateur de festivals de films humanitaires, avait été arrêté et emprisonné en avril dernier après avoir posté sur son compte facebook un message critiquant la Constitution birmane rédigée par les militaires en 2008.

Le texte est très impopulaire dans le pays. Il accorde à l'armée les trois quarts des sièges au parlement et le contrôle de trois ministères, malgré la transition en cours du pouvoir aux civils.

Min Htin Ko Ko Gyi a été condamné sur la base d'une loi qui réprime les écrits pouvant provoquer "la peur ou alarmer" le public.

"Ce n'est pas une surprise pour moi, je m'attendais à cela", a-t-il déclaré aux journalistes à la sortie du tribunal de Insein à Rangoun, avant d'être reconduit dans sa cellule. Son temps de prison provisoire sera décompté de sa peine.

Ce cas illustre une fois de plus "les graves menaces qui pèsent sur ceux qui critiquent l'armée birmane", selon le groupe de défense de la liberté d'expression Article 19.

"Cette condamnation (...) démontre l'extrême vulnérabilité des militants et artistes qui osent ouvrir la bouche dans la Birmanie actuelle", a déclaré Matthew Bugher, le responsable Asie de l'association.

Min Htin Ko Ko Gyi n'est pas le seul militant arrêté en Birmanie ces derniers mois, mais leur sort avait été éclipsé par la sortie de prison très médiatisée de deux journalistes de l'agence Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, en mai dernier.

Condamnés en 2018 pour violation de secret d'Etat après avoir révélé un massacre contre les Rohingyas, ils avaient été libérés sur grâce présidentielle après avoir passé 500 jours en prison.

Leur histoire avait terni encore l'image de la leader et ex-icône internationale Aung San Suu Kyi, qui ne s'est pas élevée contre la persécution dont font l'objet les Rohingyas dans son pays.

La Birmanie est au 138-ème rang sur 180 pays dans le classement pour la liberté de la presse de Reporters sans Frontières.

Vos commentaires