Birmanie: Win Myint, proche d'Aung San Suu Kyi, élu président

Birmanie: Win Myint, proche d'Aung San Suu Kyi, élu président
Win Myint, le 29 janvier 2016 à NaypyidawYe Aung THU

Win Myint, proche allié de la dirigeante Aung San Suu Kyi, est devenu mercredi le nouveau président de la Birmanie, après un vote du Parlement en sa faveur.

Agé de 66 ans, cet ancien avocat et prisonnier politique, membre de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de la prix Nobel de la paix, remplace Htin Kyaw qui a démissionné après près de deux années à ce poste.

"J'annonce que Win Myint, qui a obtenu la majorité des voix, est élu président de l'Etat", a déclaré le président du Parlement, Mann Win Khaing Than, précisant qu'il avait emporté 403 suffrages sur 626.

Les députés birmans avaient le choix entre trois candidats dont un candidat soutenu par l'armée, qui détient un quart des sièges du Parlement grâce à des députés non-élus.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, qui se déclare "au-dessus" du président, fait en sorte de placer de fidèles compagnons de dissidence à ce poste, principalement honorifique, car elle ne peut pas l'occuper pour des raisons constitutionnelles.

Il est en effet interdit à quiconque ayant des enfants de nationalité étrangère - ce qui est le cas d'Aung San Suu Kyi, qui a deux fils britanniques - d'occuper le poste de président.

"Je vais faire de mon mieux pour servir le peuple dans mes nouvelles fonctions", a déclaré Win Myint à la presse, après le vote.

La personnalité de ce dernier tranche avec celle de son prédécesseur qui a démissionné il y a une semaine pour pouvoir "se reposer".

Khin Zaw Win, directeur de l'Institut Tampadipa, think-thank de Rangoun, note que Win Myint, qui présidait auparavant la chambre basse du Parlement, a marqué son mandat par "un contrôle strict sur les députés".

Dès 1990, Win Myint a été élu député sous les couleurs de la NLD lors du premier scrutin démocratique du pays depuis l'armée a renversé le gouvernement civil en 1962.

Mais la junte ne tiendra jamais compte du résultat du scrutin. Il est de nouveau élu en 2012, après l'auto-dissolution de la junte lors d'élections partielles en même temps qu'Aung San Suu Kyi.

"C'est une personne honnête. Il est très travailleur, mais peut-être sévère", décrit Khin Maung Zaw, avocat de la Cour suprême qui a travaillé avec Win Myint.

Toutefois, son élection ne devrait pas changer la donne, estime les analystes, car "il ne fera rien contre l'avis d'Aung San Suu Kyi", estime l'analyste birman Yan Myo Thein.

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