Cambodge: Hun Sen réélu sans surprise Premier ministre

Cambodge: Hun Sen réélu sans surprise Premier ministre
Le Premier ministre Hun Sen arrive à la cérémonie d'ouverture du nouveau parlement cambodgien le mercredi 5 septembre 2018 à Phnom Penh. Hun Sen a été renconduit à son poste jeudi 6 septembre.TANG CHHIN Sothy

Le Premier ministre cambodgien sortant, Hun Sen, au pouvoir depuis plus de 33 ans, a été réélu jeudi sans surprise à sa propre succession, par un Parlement, désormais à parti unique, issu d'élections très critiquées.

"Aujourd'hui est un jour historique pour le Cambodge", s'est félicité Hun Sen, devant des parlementaires de son Parti du peuple cambodgien (PPC) ayant pris leurs fonctions la veille.

Il a insisté sur le fait que ces législatives de juillet avaient été "justes et transparentes", faisant fi des critiques internationales suscitées par l'emprisonnement pour "espionnage" du chef de l'opposition et la dissolution de son parti en amont du scrutin.

"Ce Parlement à parti unique ne reflète pas la volonté réelle du peuple cambodgien", a réagi l'opposition dissoute, représentée par le Parti du sauvetage national du Cambodge (Cambodia National Rescue Party, CNRP).

Hun Sen est aussi revenu à la charge contre l'opposition, accusée depuis des mois d'avoir voulu organiser une "révolution de couleur" au Cambodge avec le soutien de Washington.

L'homme fort du Cambodge, qui aime à se présenter comme le Père de la Nation, a accusé "des groupes mal intentionnés d'essayer de détourner le Cambodge de la voie vers la démocratie", se félicitant de les en avoir empêchés.

Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient exprimé leur inquiétude à l'issue du scrutin, qualifié par Washington de "revers le plus cinglant" subi par la démocratie cambodgienne.

Mais Hun Sen peut compter sur son fidèle allié chinois, qui est son principal partenaire commercial.

Avec ce nouveau mandat de cinq ans, Hun Sen a désormais le champ libre. L'ex-Khmer rouge, qui a toujours minimisé son rôle au sein du mouvement ultra-maoïste, a placé ses trois fils à des postes-clés au sein du parti et de l'armée.

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