Charles Michel réagit aux frappes en Syrie: la Belgique pourrait-elle intervenir militairement?

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad. Ils l'accusent d'avoir utilisé des armes chimiques contre des rebelles syriens.

Charles Michel était l'invité du RTLinfo 19H pour s'exprimer sur ces frappes et sur la situation internationale sur la question syrienne. Le Premier ministre a été interrogé par Luc Gilson.

Luc Gilson: Vous prônez le dialogue, mais on l'a vu à l'ONU, c'est très compliqué avec ces vétos successifs de la Russie dès qu'il s'agit de la Syrie. Comment peut-on alors se mettre autour d'une table? Où et de quelle façon?

Charles Michel: En fait, il y a deux possibilités. Ou bien on fait le choix de l'escalade, l'escalade militaire. Et ça veut dire beaucoup de drames pour des personnes, des femmes, des enfants, des hommes qui sont sur le terrain et des familles. Avec des conséquences en Europe, en Belgique également, parce qu'on sait que quand il y a un conflit en Syrie, en Libye ou en Irak, il y a des effets qui sont très négatifs pour l'Europe. Ou bien, au contraire, on est dans le camp, et c'est le cas de la Belgique, de ceux qui veulent la désescalade.

L. G.: C'est ce que vous voulez?

C. M.: C'est ce que nous voulons, nous sommes très mobilisés par rapport à cela. Nous sommes solidaires de nos partenaires, solidaires pour condamner fermement l'utilisation d'armes chimiques. Mais en même temps nous devons ouvrir un espace pour un dialogue politique. Par exemple, on doit donner toute la capacité à l'envoyé spécial des Nations-Unies pour la Syrie de réellement mettre autour de la table les acteurs dans la région et les acteurs qui ont une influence dans ce sujet, pour créer la trajectoire qui permet une transition pour s'orienter vers un processus à terme démocratique en Syrie.

L. G.: Vous craignez l'escalade ce soir?

C. M.: Je suis vigilant, je suis alerte, je pense qu'on doit être responsable, raisonnable. C'est le rôle des gouvernements, aussi de la Belgique, de porter ce message de paix et de raison.

L. G.: Dernière question, est-ce que la Belgique pourrait être amenée à participer militairement à ces raids, à ces opérations si on vous le demandait?

C. M.: Cette question n'est pas posée à ce stade, et je n'ai pas l'intention de répondre à une question qui n'est pas posée.

L. G.: Mais vous pourriez le faire?

C. M.: Non, cette question n'est pas posée. Vous avez bien compris que notre choix n'est pas l'option militaire prioritairement, notre choix prioritaire c'est le dialogue et l'initiative politique.

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