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Chine: mort de l'archéologue à l'origine de la découverte de l'Armée de terre cuite

Chine: mort de l'archéologue à l'origine de la découverte de l'Armée de terre cuite
Les 8.000 guerriers en terre cuite mis au jour à Xian, dans le nord de la Chine, à partir de 1974, sont les gardiens de la tombe du premier empereur de Chine, Qin Shihuang, mort en 210 avant notre èrLUDOVIC MARIN

L'archéologue chinois Zhao Kangmin à l'origine de la découverte de la célèbre Armée de terre cuite, des statues de guerriers âgées de 2200 ans, est mort à 82 ans, ont rapporté les médias d'Etat.

Zhao Kangmin avait été le premier archéologue à identifier des fragments de terre cuite, découverts par des fermiers qui creusaient un puits en 1974, comme des reliques datant de la dynastie Qin. Il avait ensuite été le premier à fouiller ce site dans la province chinoise du Shaanxi, dans le nord du pays.

Sa mort, survenue le 16 mai, a été rapportée vendredi soir par Le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir.

Les quelque 8.000 guerriers en terre cuite mis au jour dans la ville de Xian, fabriqués aux alentours de 250 avant J.C, sont les gardiens de la tombe du premier empereur de Chine, Qin Shihuang, mort en 210 avant notre ère après avoir unifié le pays.

Des centaines de milliers de touristes visitent chaque année ce site inscrit au patrimoine de l'Unesco. Les Chinois y voient avant tout l'un des symboles de leur civilisation millénaire, au même titre que l'invention de la poudre ou du papier.

En 1974 lors de leur découverte de la tombe à Xian, les fermiers avaient alerté Zhao Kangmin, alors curateur dans un musée du secteur.

"Je suis allé sur le site avec un autre responsable... Nous étions très excités, alors nous avons roulé si vite sur nos vélos que nous avions l'impression de voler", avait écrit l’archéologue dans un article publié en 2014 sur le site du Musée de l'Armée de Terre Cuite.

M. Zhao avait invité les fermiers à collecter les fragments de terre cuite et les rassembler dans trois camions pour les acheminer dans son petit musée. Il avait commencé à reconstruire les statues à partir de ces fragments, dont certains de la taille d'un ongle, selon le même article.

"C'était la fin de la révolution culturelle chinoise mais certains partis étaient encore opposés à la restauration d'objets anciens. Nous avons décidé de garder tout ça secret", écrivait encore l'archéologue.

Un article concernant le travail de Zhao Kangmin sur l'agence de presse gouvernementale Chine nouvelle avait toutefois alerté les autorités. Une équipe d'archéologues plus conséquente avait été envoyée pour travailler à ses côtés.

Le Conseil d'Etat chinois avait toutefois reconnu plus tard M. Zhao comme l'homme à l'origine de la découverte du bataillon minutieusement sculpté de soldats, d'archers, d'auriges, aux expressions, costumes, armes et parfois même coupes de cheveux uniques.

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