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Coronavirus: Donald Trump déclare l'état d'urgence aux Etats-Unis

Coronavirus: Donald Trump déclare l'état d'urgence aux Etats-Unis
© AFP
 

Le président américain Donald Trump, accusé d'avoir dans un premier temps minimisé la gravité de la pandémie de coronavirus, a déclaré vendredi l'état d'urgence pour faire face à la crise.

"Pour déclencher la pleine puissance des ressources du gouvernement fédéral, je déclare officiellement une urgence nationale", a-t-il affirmé depuis les jardins de la Maison Blanche. Le président a expliqué que cette décision permettrait d'accéder à jusqu'à 50 milliards de fonds pour lutter contre le virus. "J'appelle chaque Etat (du pays) à mettre immédiatement en place des centres d'urgence" et les hôpitaux à activer leurs plans de préparation d'urgence "pour répondre aux besoins des Américains", a ajouté le président, qui a également annoncé "une forte hausse" des capacités à tester le virus aux Etats-Unis.

Trump affirme qu'il n'a "aucun symptôme" du coronavirus

Donald Trump a affirmé vendredi ne présenter "aucun symptôme" du coronavirus, même s'il n'a pas été testé.

"Nous avons un médecin à la Maison Blanche, je devrais dire de nombreux médecins à la Maison Blanche, je leur ai posé la question et ils m'ont dit 'vous n'avez aucun symptôme'", a assuré le président américain lors d'une conférence de presse, alors que certaines personnes dans son entourage se sont mises en quarantaine ces derniers jours.

Rebond spectaculaire à Wall Street après l'état d'urgence proclamé par Trump

La Bourse de New York a vivement rebondi vendredi au lendemain de sa pire séance depuis le krach boursier d'octobre 1987, profitant d'un impressionnant regain de vigueur en toute fin de séance après la proclamation par Donald Trump de l'état d'urgence face à l'épidémie de coronavirus.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s'est envolé de 9,36% à 23.185,62 points, tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a grimpé de 9,34% à 7.874,23 points.

L'indice élargi S&P 500 a gagné 9,28% à 2.710,95 points.

Ils ont ainsi regagné presque tout le terrain perdu jeudi quand, face à la multiplication des mesures de confinement et à l'annonce en ordre dispersé de plusieurs plans de soutien à l'économie, la panique avait complètement emporté les marchés. Le Dow Jones s'était effondré de 10%.

Vendredi, les indices ont d'abord profité d'un rebond quasi-réflexe après une chute aussi importante, avant de limiter leurs gains.

Mais ils ont soudainement accéléré leur progression en toute fin de séance, alors que le président américain, accusé d'avoir dans un premier temps minimisé la gravité de la pandémie de coronavirus, détaillait les mesures accompagnant la proclamation de l'état d'urgence.

Cette décision devrait notamment permettre d'accéder jusqu'à 50 milliards de dollars de fonds.

"La bonne nouvelle est que le marché n'a pas complètement capitulé, le déclin a été temporairement stoppé", remarque Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. "Cela ne veut pas dire qu'on va regagner en vigueur tout de suite mais le pire de la panique est sans doute passé", avance l'expert.

Sur la semaine, malgré le saisissant rebond de vendredi, le Dow Jones affiche une perte de 10,4%, le Nasdaq de 8,2% et le S&P 500 de 8,8%.

De l'aveu de plusieurs observateurs, la débandade des marchés ne s'arrêtera vraiment que lorsque le nombre de cas de nouveaux malades commencera à s'inverser. Les fonds débloqués par l'administration devraient permettre d'aller plus rapidement vers cet objectif.

"Il est normal pour les marchés de rebondir après un pic de panique comme celui observé jeudi" mais "ce rebond ne sera probablement pas linéaire et on va probablement avoir encore plusieurs séances où les indices gagneront ou perdront 4% ou 5%", avance Nathan Thooft, gestionnaire de portefeuilles chez Manulife Asset Management.

Mais "si le sentiment de panique est, certains jours, similaire à celui qu'on pouvait ressentir lors de la crise de 2008", la crise du nouveau coronavirus "est unique en son genre" et "la situation de l'économie n'est pas du tout la même qu'à l'époque", estime-t-il. "La reprise ne sera pas aussi longue qu'après la grande crise financière", avance l'expert.

Signe d'un léger regain de confiance chez les investisseurs: le taux sur la dette des Etats-Unis à 10 ans est repassé vendredi au-dessus du seuil symbolique des 1%.

 

 

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