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Cuba: les émigrés appelés à débattre de la nouvelle Constitution

Cuba: les émigrés appelés à débattre de la nouvelle Constitution
L'Assemblée nationale cubaine en session pour débattre de la nouvelle Constitution, le 21 juillet 2018 à La HavaneJORGE BELTRAN

Cuba va permettre à ses 1,4 millions de citoyens émigrés de contribuer à l'élaboration de sa nouvelle Constitution, une première dans le débat public national depuis la victoire de la révolution en 1959.

Ceci "constitue un acte inédit dans l'histoire de la révolution", a déclaré Ernesto Soberón, à la tête de la direction des Affaires étrangères en charge des résidents cubains à l'étranger.

Entre 1959 et 1975, le gouvernement de Fidel Castro (1926-2016) considérait les Cubains ayant quitté l'île comme des "déserteurs" et des "traîtres", avant qu'en 1978, un processus de rapprochement soit enclenché, les autorisant notamment à se rendre sur l'île et à envoyer des transferts d'argent.

Le projet de nouvelle Constitution, qui reconnaît le rôle du marché et de l'activité privée dans l'économie socialiste de l'île, mais toujours sous tutelle du Parti communiste, parti unique au pouvoir, a été approuvé en juillet par le Parlement.

Il sera discuté lors d'un débat populaire du 13 août au 15 novembre, avant d'être soumis à un référendum, puis au vote final du Parlement.

"Tous les Cubains vivant à l'étranger pourront participer au débat" à partir du mois de septembre, grâce à une section spécifique disponible sur le site internet "Nation et Emigration", du ministère des Affaires étrangères, a informé Ernesto Soberón, sans préciser s'ils pourront voter lors du référendum.

Le gouvernement estime à 1,4 million le nombre de ressortissants cubains à l'étranger --soit plus de 10% de la population de l'île--, répartis dans 120 pays, même s'il existe des communautés plus importantes aux Etats-Unis, en Espagne, au Mexique et en Colombie.

Les citoyens intéressés à l'étranger "seront en mesure de donner leur avis autant de fois qu'ils le souhaitent" grâce à des canaux institutionnalisés, et "le traitement des données sera le même" que sur l'île, a assuré Ernesto Soberón.

Selon le quotidien officiel Granma, sur l'île, 135.000 assemblées de consultation, destinées aux résidents âgés de plus de 16 ans, seront organisées sur les lieux de travail, dans les quartiers ou dans les universités.

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