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Cachemire indien: des milliers de personnes aux funérailles d'un journaliste tué

Des milliers de personnes se sont rassemblées vendredi au Cachemire indien pour les funérailles d'un éminent journaliste assassiné la veille par trois hommes à moto non identifiés.

Shujaat Bukhari, rédacteur en chef du quotidien anglophone Rising Kashmir, venait de pénétrer jeudi soir dans son véhicule garé devant ses bureaux de la grande ville de Srinagar lorsqu'il a été tué par balles à bout portant.

Deux de ses gardes du corps ont également péri dans l'attaque.

L'identité des agresseurs n'est pas connue, mais la police de Srinagar a diffusé des bandes de vidéosurveillance sur lesquelles ils apparaissent sur leur moto. La police a annoncé l'arrestation d'un quatrième suspect.

Ce suspect a été identifié grâce à une vidéo le montrant en train de prendre un pistolet dans le véhicule du journaliste avant de disparaître de la scène du crime.

Un responsable de la police, S.P. Pani, a déclaré lors d'une conférence de presse que la police travaillait sur l'hypothèse d'une "conspiration plus large". "C'est un crime lié au terrorisme, nous enquêtons", a-t-il dit.

Vendredi, une cérémonie funéraire pour le journaliste s'est tenue dans la grande mosquée Jama Masjid de Srinagar, suivie d'un enterrement dans son village natal.

Défenseur d'une résolution pacifique du conflit du Cachemire, M. Bukhari était sous protection policière après trois attaques contre lui au cours de la dernière décennie.

Son journal lui rendait hommage vendredi avec un portrait en noir et blanc s'étalant sur toute la une.

"Nous ne nous laisserons pas intimider par les lâches qui t'ont ravi à nous. Nous maintiendrons ton principe de dire la vérité même si elle déplaît", a déclaré l'équipe de Rising Kashmir dans son éditorial.

Shujaat Bukhari avait pris part à des pourparlers de paix informels avec des représentants pakistanais l'année dernière à Dubaï.

Son assassinat a également provoqué l'émotion dans la partie du Cachemire sous administration pakistanaise. Dans la capitale régionale Muzaffarabad, quelque 250 manifestants ont réclamé une enquête indépendante sur sa mort.

Le Cachemire est de facto divisé entre l'Inde et le Pakistan depuis la fin du règne colonial britannique en 1947 et les deux puissances nucléaires d'Asie du Sud en revendiquent chacune la souveraineté intégrale.

L'Inde stationne un demi-million de soldats dans la partie qu'elle contrôle, en faisant l'une des zones les plus militarisées du monde. New Delhi y combat des groupes rebelles qui réclament l'indépendance du Cachemire ou son rattachement au Pakistan.

Au moins une dizaine de journalistes ont été tués au cours des trente dernières années au Cachemire indien. La plupart des meurtres ne sont jamais résolus.

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