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Donald Trump enterre la hache de guerre avec le Canada, pas avec la Chine

Donald Trump enterre la hache de guerre avec le Canada, pas avec la Chine
Le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump le 9 novembre 2017 à PékinNICOLAS ASFOURI
Chine

Au moment même où il saluait lundi un accord commercial historique avec le Canada et le Mexique, Donald Trump s'est lancé dans une nouvelle diatribe contre la Chine, affirmant qu'il n'était pas près de reprendre le dialogue avec Pékin.

"La Chine souhaite vivement discuter" avec nous, a dit M. Trump. "Franchement, c'est trop tôt (...) parce qu'ils nous ont arnaqués pendant de trop nombreuses années", a ajouté le président américain lors d'une conférence de presse consacrée au compromis conclu in extremis dimanche soir avec le Mexique et le Canada pour la refonte de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna).

Il a alors loué le bien-fondé des taxes douanières que son administration inflige déjà sur 250 milliards de dollars d'importations chinoises. Washington impose également depuis mars des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium en provenance du géant asiatique.

"J'utilise les tarifs douaniers pour négocier", a fait valoir l'hôte de la Maison Blanche. "Espérons que nous puissions conclure un accord équitable avec la Chine", a-t-il ajouté, observant le formidable "pouvoir" des taxes douanières qui amènent, selon lui, la plupart des partenaires des Etats-Unis à négocier et à trouver des compromis sans même à avoir à les utiliser réellement.

Une allusion à peine voilée envers l'Union européenne, sur laquelle il fait planer la menace de taxes sur le secteur automobile, ou à la Corée du Sud, qui a préféré signer un nouveau traité commercial avec Washington plutôt que de se voir infliger des tarifs douaniers sur son acier et son aluminium.

"Dans de nombreux cas", les pays qui imposent des taxes "massives" sur des biens américains finissent par les éliminer avant même que les Etats-Unis mettent en oeuvre leurs propres taxes, a poursuivi Donald Trump.

Pour autant, la Chine est, elle, restée jusqu'à présent inflexible, d'abord aux menaces, puis à la mise en oeuvre de mesures ultra protectionnistes américaines. Elle ne semble pas plus encline à négocier face aux potentielles taxes sur 267 milliards de dollars de marchandises supplémentaires, que le président américain menace d'imposer.

Les autorités chinoises ont maintes fois dénoncé la méthode du président américain, soulignant qu'elles ne négocieraient pas avec "un pistolet sur la tempe" et imposant à leur tour des représailles.

- Visite de Mattis en Chine annulée -

Donald Trump a reconnu qu'il y avait du chemin avant de parvenir à un accord avec Pékin, tout en martelant qu'il ne pouvait laisser les pratiques déloyales de la Chine perdurer.

Lundi, il a rappelé que la Chine exportait vers les Etats-Unis plus de 500 milliards de marchandises chaque année. "Cela n'inclut pas le vol de la propriété intellectuelle (des entreprises américaines) et les autres choses", a-t-il fait valoir.

"La réalité est que la Chine s'est engagée dans un large éventail de pratiques injustes qui nuisent à l'économie mondiale", a commenté Peter Navarro, le conseiller économique de Donald Trump. "Nous devons fondamentalement changer la manière dont la Chine commerce", a-t-il ajouté sur CNBC.

Selon lui, "personne dans le monde ne peut penser que le président va faire marche arrière avec la Chine".

D'autant que la conjoncture économique est favorable au président américain. "Vous savez, ils traversent une période bien plus difficile", a souligné Donald Trump en référence au ralentissement économique de la deuxième économie mondiale, quand celle des Etats-Unis tourne à plein régime.

"C'est un privilège pour la Chine de faire du commerce avec nous", a-t-il également avancé, soulignant néanmoins que les Etats-Unis comptaient sur Pékin dans leurs efforts de dialogue avec la Corée du Nord.

Signe que les relations sont particulièrement tendues entre les deux pays, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a annulé une visite prévue en Chine en octobre avec son homologue Wei Fenghe pour des discussions axées sur la sécurité. Mais le général chinois ne s'est pas rendu disponible, a indiqué lundi à l'AFP un responsable du Pentagone.

Le ministère américain a donc décidé d'annuler le voyage, a-t-il ajouté.

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