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Ecole et collège incendiés: une soirée de violences urbaines à Béziers

Une école et deux salles de classe d'un collège incendiées, des policiers caillassés: le quartier pauvre de La Devèze à Béziers (Hérault) a connu jeudi une soirée d'Halloween marquée par des violences urbaines, condamnées par le maire et le gouvernement.

Jeudi vers 22H30, un début d’incendie s’est déclaré dans le collège Katia et Maurice Kraft - dans la salle de sport et dans deux petites salles attenantes, a précisé vendredi soir le procureur de Béziers, Raphaël Balland. Les dégâts sont "essentiellement des vitres cassées", ajoute-t-il dans un communiqué.

À une centaine de mètres de là, une école primaire a également été incendiée quelques minutes plus tard: une douzaine de salles ont été lourdement endommagées, dont deux totalement détruites, selon les pompiers de l'Hérault.

"Un incendie criminel a été allumé dans une des deux salles de classe de maternelle", avant que le feu ne se propage à l'ensemble du bâtiment, a précisé la police. Un pompier a été blessé "accidentellement" au cours de l'intervention par la "chute d'une plaque", selon le parquet de Béziers.

A leur arrivée sur les lieux, les policiers de la Brigade anti-criminalité (Bac) ont été "pris à partie à distance par 20 à 30 individus aux visages dissimulés", qui leur ont jeté "des pierres, pétards et projectiles divers", a ajouté le procureur.

Les établissements, situés en réseau d'éducation prioritaire, étaient vides en cette période de vacances. Un centre d'accueil temporaire sera mis en place pour la rentrée de l'école primaire lundi, selon le maire de la ville, Robert Ménard.

Outre ces incendies, les sapeurs-pompiers ont été mobilisés au cours de cette soirée d’Halloween pour éteindre des feux de voiture et de poubelles.

Appelés vers 22H00 pour un incendie dans le hall d'un immeuble désaffecté et dans un garage abandonné, les policiers y ont été là aussi accueillis par des "jets de pierres et de pétards", selon le procureur.

Dans un autre quartier, "une vingtaine d’individus ont perturbé la circulation en déposant sur la voie un cyclomoteur puis des containers poubelle" incendiés tout en projetant des pierres sur des véhicules de passage, a expliqué la même source. Trois voitures ont été incendiées.

Le calme est revenu après un renfort de CRS, vers minuit et demi.

- Un taux de pauvreté de 62,2% -

La Devèze est située à l'est de la ville de Béziers (70.000 habitants). Dans ce quartier où se côtoient barres d'immeubles et pavillons, six habitants sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, selon des chiffres de l'Insee publiés en 2018. Le taux de pauvreté atteint en effet 62,2% - contre 55% dans le centre-ville - et seules 33% des personnes en âge de travailler (15-64 ans) y ont un emploi, souligne cette même étude.

"La Devèze est, de très loin, le quartier de Béziers qui reçoit le plus d'aides ! (...) L'investissement de la part de l'Etat, de la Ville et des autres collectivités représentera près de 300 millions d'euros au total sur 25 ans", a réagi dans un communiqué le maire d'extrême droite Robert Ménard.

"Je suis abasourdi. Touché. Écœuré (...) C'est un symbole qui a été touché", a-t-il ajouté lors d'un point presse devant l'école des Tamaris, qui "sera sans aucun doute détruite", a annoncé à ses côtés le sous-préfet Christian Pouget.

"Incendier un établissement scolaire est une offense à la République", a tweeté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a aussi condamné sur Twitter ces "exactions" qui "ont endommagé des classes d’école et de collège".

L'enquête pour tenter d'identifier les auteurs a été confiée à la police judiciaire de Montpellier et au commissariat de Béziers. Un expert judiciaire en incendies criminels était sur place vendredi après-midi.

Aucune interpellation n’a été réalisée dans la nuit, mais un jeune homme de 15 ans, soupçonné d’avoir jeté des pierres à l’encontre de policiers en surveillance a été placé en garde à vue, a indiqué le parquet.

A Antibes (Alpes-Maritimes), un début d'incendie a également endommagé une classe d'une école élémentaire dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé la mairie. Une partie des élèves devra faire sa rentrée dans une autre école, "le temps que les investigations policières soient menées, l'origine criminelle faisant peu de doute", a assuré le maire Jean Léonetti (LR).

ysp-cor-sm-vxm-est/sp

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