Elections en RDC - Le Drian maintient ses "doutes" sur l'élection mais estime qu'il faut préserver le "calme"

(Belga) Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réaffirmé mercredi que des "doutes" demeuraient sur l'élection de Felix Tshisekedi comme nouveau président de la République démocratique du Congo mais que la priorité était de préserver le "calme" dans ce pays.

"J'ai émis des doutes en public et je ne (le) regrette pas parce que toutes les indications que nous avions, y compris de la Conférence épiscopale du Congo, qui avait diligenté 40.000 +inspecteurs+, donnaient des chiffres totalement différents", a-t-il souligné devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. "On a émis des doutes, l'Union africaine aussi, la SADEC (Communauté de développement de l'Afrique australe) aussi et certains chefs d'Etat de la région aussi", a poursuivi le chef de la diplomatie française qui avait été accusé d'ingérence sur les réseaux sociaux après ses premiers doutes sur l'issue du scrutin. "Les doutes sont maintenus mais la priorité c'est de trouver un processus inclusif (...) qui puisse éviter des crises et des affrontements", a-t-il dit. L'élection de M. Tshisekedi, qui succède au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 18 ans, a été validée par la Cour constitutionnelle dans la nuit de samedi à dimanche. Le nouveau président doit prêter serment jeudi. C'est la première passation pacifique de pouvoir d'un président à l'autre depuis l'indépendance de l'ex-Congo belge en 1960. "Manifestement l'Union africaine souhaite que ces résultats puissent aboutir à une situation de calme, de dialogue", a ajouté Jean-Yves Le Drian. "Nous ne pouvons que le souhaiter et nous souhaitons que le nouveau président, Monsieur Tshisekedi (...) soit dans une volonté de consensus avec l'ensemble des acteurs politiques du Congo", a-t-il pousuivi. Il faut que "l'alternance puisse se dérouler le mieux possible pour ce pays", a-t-il martelé. La victoire de M. Tshisekedi n'est pas reconnue par l'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, qui s'autoproclame "président élu" et dénonce un "putsch électoral" de M. Kabila avec la complicité de M. Tshisekedi. Après des hésitations, l'Union africaine (UA) et l'Union européenne (UE) ont indiqué dans un communiqué commun qu'elles étaient prêtes "à travailler avec le président Tshisekedi et avec toutes les parties congolaises". M. Tshisekedi devra choisir un Premier ministre au sein de la majorité de l'Assemblée nationale qui reste largement acquise aux proches du président Kabila. (Belga)

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