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Explosion à Chypre-Nord d'un probable missile russe tiré depuis la Syrie

Explosion à Chypre-Nord d'un probable missile russe tiré depuis la Syrie
Des forces de sécurité de Chypre-Nord gardent le périmètre où se serait écrasé un missile de fabrication russe tiré depuis la Syrie, le 1er juillet 2019 au nord de Nicosie, la capitale divisée de l'îIakovos Hatzistavrou
Russie, Syrie, ISRAEL

Les autorités de Chypre-Nord ont indiqué lundi qu'une explosion dans la nuit était vraisemblablement due à un missile de fabrication russe tiré depuis la Syrie et qui, après avoir manqué sa cible, se serait abattu à une dizaine de kilomètres de la capitale Nicosie.

Après avoir envisagé plusieurs hypothèses, dont la chute d'un drone, les autorités de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), non reconnue par la communauté internationale, privilégient la piste d'un missile russe, a indiqué son chef de la diplomatie, Kudret Ozersay.

"D'après nos premières évaluations, il s'agirait d'un missile de fabrication russe tiré par un système de défense anti-aérienne lors d'une attaque aérienne contre la Syrie hier (dimanche) soir et qui, après avoir manqué sa cible, aurait fini sa course dans notre pays", a-t-il déclaré dans un communiqué.

M. Ozersay a indiqué que les enquêteurs avaient relevé des inscriptions "identiques à celles trouvées sur un missile de type S-200 tombé en Turquie en juillet 2018". Le S-200 est un système de défense anti-aérienne de fabrication russe.

L'explosion de cet engin, qui n'a pas fait de victime, a provoqué un important incendie, selon les médias locaux.

Un photographe de l'AFP, qui s'est rendu sur place, à Tashkent (Vouno, en grec), a confirmé qu'un incendie avait eu lieu, au regard de la végétation carbonisée, à flanc de montagne.

Il n'a toutefois pu approcher du site de l'explosion en lui-même, l'ensemble du périmètre ayant été bouclé.

Des policiers, militaires et responsables politiques chypriote-turcs étaient présents en matinée, selon la même source.

- Défenses anti-aériennes syriennes -

La chute de cet objet coïncide avec un raid mené dans la nuit de dimanche à lundi par l'aviation israélienne près de Damas, une attaque rapportée par l'agence de presse officielle syrienne Sana et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG.

Sana a indiqué que les défenses anti-aériennes syriennes, notamment pourvues de systèmes russes, avaient été activées pour "faire face" aux missiles tirés par les avions israéliens.

Le site de l'explosion à Chypre se trouve à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de la capitale divisée Nicosie, qui compte plusieurs centaines de milliers d'habitants.

L'île de Chypre est scindée en deux depuis l'invasion du tiers nord de l'île par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce.

L'ensemble de Chypre, situé à plus d'une centaine de km des côtes syriennes, est considéré comme un territoire européen. Mais la République de Chypre, membre de l'UE, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud. Au nord se trouve la RTCN autoproclamée et reconnue par Ankara.

La ligne verte qui sépare les deux parties est surveillée par une mission des Nations unies (Unficyp) et traverse notamment la capitale Nicosie d'est en ouest.

Réagissant à cette explosion nocturne, la République de Chypre a affirmé avoir proposé son aide aux autorités chypriotes-turques, par l'intermédiaire des Nations unies.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères Nikos Christodoulides a contacté la cheffe de l'Unficyp Elizabeth Spehar à cette fin, et le président Nicos Anastasiades se tient "informé en permanence" des développements, ont indiqué ses services, cités par l'agence Cyprus News Agency (CNA).

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