Ginobili, star NBA et emblème de la "Génération dorée" argentine, tire sa révérence

Ginobili, star NBA et emblème de la
Manu Ginobili des San Antonio Spurs lors du match face aux Golden State Warriors le 22 avril 2018Ronald Cortes

Il a acquis sa notoriété mondiale grâce à ses prouesses en NBA avec les Spurs de San Antonio, mais pour les Argentins, Emanuel "Manu" Ginobili est l'emblème de la "génération dorée" qui a conquis l'or olympique au Jeux d'Athènes en 2004, un héros et une fierté nationale.

En Argentine, où le football est roi et le tennis s'est popularisé grâce à des figures comme Guillermo Vilas ou Gabriela Sabatini, le basket a gagné ses galons sous l'impulsion de l'étoile Ginobili, qui a annoncé sa retraite lundi à 41 ans, au terme d'une carrière de 23 ans, dont 20 dans la seule franchise des San Antonio Spurs, aux côtés des Tim Duncan et autre Tony Parker.

"Un exemple du sport national se retire, quelqu'un qui a donné beaucoup à toute l'Argentine sur et en dehors des parquets. Dans sa vie personnelle et professionnelle il a réalisé des choses que personne ne croyait possibles", a dit de Ginobili le joueur de tennis Juan Martin Del Potro, qui lui a dédié sa victoire mardi contre l'Américain Donald Young à l'Open des Etats-Unis.

"En tant qu'Argentins nous lui serons toujours reconnaissants d'avoir porté si haut nos couleurs et pour le respect qu'il inspire au niveau mondial", a poursuivi Del Potro.

Les titres NBA glanés en 2003, 2005, 2007 et 2014 avec les Spurs l'ont propulsé au sommet. Mais la star est aussi célébrée en argentine pour ses qualités d'équipier modèle sous le maillot de l'équipe nationale entre 1998 et 2016.

"Tu es une fierté nationale, Manu", a salué Diego Maradona sur Instagram.

- Artisan de l'impossible -

La presse n'a également pas manqué de lui rendre l'hommage qu'il convient: "Il part mais il est déjà une légende", "Il n'y en aura pas d'autre comme lui", "L'un des plus grands du sport", ont titré les principaux quotidiens du pays.

Manu Ginobili est né le 28 juillet 1977 à Bahia Blanca, berceau du basket-ball dans le pays sud-américain, ville portuaire de 300.000 habitants à 600 km au sud de Buenos Aires.

Outre ses quatre titres de champion NBA et le titre olympique de 2004, "El Manu" a remporté la médaille de bronze aux Jeux de Pékin 2008 et un titre de vice-champion du monde en 2002 à Indianapolis, battu en finale par la Yougoslavie après une première victoire historique contre les Etats-Unis.

Un exploit réédité deux ans plus tard en demi-finale à Athènes: une victoire 89 à 81 face aux USA puis un succès en finale 84-69 aux dépens de l'Italie.

"Ginobili a été beaucoup plus qu'un 'crack', il a été l'artisan de l'impossible. Que l'Argentine gagne un Mondial de foot est de l'ordre du possible. Mais battre les monstres américains de la NBA et remporter l'or olympique relève du conte fantastique", analyse le quotidien sportif Olé, qui dédie ses huit premières pages au joueur ce mardi.

Manu Ginobili, synonyme de basket, d'humilité et de professionnalisme dans sa patrie et au-delà, va désormais pouvoir voyager pour son plaisir, profiter d'un repos bien mérité mais aussi de ses trois fils. "Dans les prochaines années je ne le vois pas avoir une activité liée au basket", a dit son frère Sebastian, entraîneur du club argentin de Bahia Basket.

Vos commentaires