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Indonésie : début de la campagne pour la présidentielle que les candidats veulent "pacifique"

Indonésie : début de la campagne pour la présidentielle que les candidats veulent
Le président indonésien Joko Widodo (à gauche sur la photo), candidat à sa succession, le 23 septembre 2018 à Jakarta.Adek BERRY

La campagne pour l'élection présidentielle d'avril en Indonésie a commencé dimanche par la promesse des deux candidats, le président sortant Joko Widodo et l'ancien général Prabowo Subianto, de s'affronter de façon "pacifique".

Les sondages donnent une confortable avance à l'actuel chef de l'Etat, surnommé "Jokowi", toujours populaire car s'affichant proche des gens et défendant d'ambitieux projets d'infrastructures.

Sur les rangs également pour diriger la troisième plus grande démocratie du monde, dont la population s'inquiète de la santé de l'économie, un ancien général du régime de Suharto.

Les deux leaders, qui portaient des vêtements traditionnels indonésiens, ont participé dimanche matin à l'ouverture officielle de la campagne, qu'ils veulent propre, dans le centre de Jakarta. Ils ont dénoncé le recours aux manipulations de l'information et à l'instrumentalisation des appartenances ethniques ou de la religion, sur fond de violences avant même le début de la campagne.

"S'insulter ou se manquer de respect ne font pas partie des valeurs indonésiennes", a martelé Jokowi.

Prabowo Subianto, lui a fait écho en disant : "Nous devons rester calmes, avoir de la retenue, pour permettre que cet évènement démocratique se passe bien et de façon pacifique".

- Des "fake news" omniprésentes -

Jokowi va faire face au cours de cette campagne à de nouveaux défis avec un risque élevé de manipulation de l'opinion par des "fake news" omniprésentes sur les réseaux sociaux et une monnaie nationale, la roupie, au plus bas depuis vingt ans.

Quelque 186 millions d'électeurs sont appelés à voter le 17 avril dans ce pays qui compte la plus importante population musulmane du monde, où le parlement national et les assemblées locales seront en même temps renouvelés.

L'économie, les inégalités et les questions de l'identité nationale et de la montée de l'intolérance dans cet archipel qui abrite plus de 260 millions d'habitants seront en tête des préoccupations.

Jokowi a surpris en août en choisissant le prédicateur islamiste conservateur Ma'ruf Amin pour être son candidat à la vice-présidence. Une stratégie destinée à rassurer l'électorat musulman conservateur, mais qui pourrait faire douter les plus progressistes.

A 75 ans, cet homme est le président du Conseil des oulémas, la plus haute instance religieuse en Indonésie, qui émet des fatwas - des avis religieux dans des domaines très variés - et exerce une influence sur la politique du gouvernement dans les problématiques liées à l'islam.

Connu pour être hostile à certaines minorités, comme la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle ou transsexuelle), M. Amin s'est aussi impliqué dans l'affaire qui a abouti à l'emprisonnement en 2017 de l'ex-gouverneur chrétien de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, pour insulte faite à l'islam.

Les deux hommes s'opposeront au tandem constitué par Prabowo Subianto et l'ex-vice gouverneur de Jakarta, Sandiaga Uno, un ancien homme d'affaires et riche investisseur.

Prabowo Subianto, candidat malheureux à la présidentielle de 2014 contre Jokowi, a un passé de général aux agissements controversés sous la dictature de Suharto (1967-1998).

Après la chute du régime, il avait reconnu sa responsabilité dans des enlèvements de militants pour la démocratie, mais n'a jamais été traduit en justice.

Un sondage de l'institut LSI (Indonesian Survey Circle) après l'enregistrement des candidatures donnait 52% des intentions de vote à Jokowi, contre 30% à son adversaire.

Jokowi, qui s'est choisi comme directeur de campagne le milliardaire Erick Thohir, le président du club de football Inter Milan, paraît cependant vulnérable sur son bilan économique et sur les inégalités, estiment les analystes.

Les Indonésiens s'inquiètent de la chute de la roupie, qui a perdu du terrain face au dollar comme les monnaies d'autres pays émergents : elle a atteint début septembre son point le plus bas depuis la crise financière asiatique de 1998, entraînant aussi les marchés financiers à la baisse.

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