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Israël: des militantes condamnées à payer pour un concert annulé de la chanteuse Lorde

Israël: des militantes condamnées à payer pour un concert annulé de la chanteuse Lorde
Concert de la chanteuse néo-zélandaise Lorde à New York le 4 avril 2018 dans le cadre de sa tournée Lorde Melodrama World Tour Nicholas Hunt
ISRAEL

Un tribunal israélien a condamné deux Néo-Zélandaises à verser plus de 10.000 euros à trois fans israéliennes pour avoir contribué à l'annulation du concert que leur idole, la chanteuse Lorde, devait donner à Tel-Aviv.

Le jugement, communiqué à l'AFP vendredi, a été rendu mercredi à huis clos, les plaignantes étant mineures.

Le tribunal a donné raison aux trois groupies qui accusaient les deux militantes néo-zélandaises d'avoir pressé leur compatriote de renoncer à se produire en Israël au nom d'un boycott politique de l'Etat hébreu pour dénoncer l'occupation israélienne des territoires palestiniens.

La chanteuse pop néo-zélandaise avait annoncé en décembre 2017 que sa tournée ferait étape en juin 2018 à Tel-Aviv.

Comme tous les artistes de renom, elle s'est retrouvée confrontée aux critiques de militants favorables au boycott d'Israël pour obtenir la fin de l'occupation des Territoires palestiniens.

Elle a finalement annoncé rayer Tel-Aviv de son agenda après avoir "reçu un nombre énorme de messages et de lettres, et (avoir) beaucoup discuté avec plein de gens aux opinions différentes".

Les trois admiratrices israéliennes de la chanteuse, soutenues par l'organisation Shurat Hadin se donnant pour mission "de défendre l'Etat d'Israël par des moyens légaux", ont fondé leur action sur une loi israélienne de 2011 permettant d'attaquer en justice quiconque appelle au boycott d'Israël.

Selon Shurat Hadin, cette action en justice est une première.

Les deux Néo-Zélandaises devront payer "conjointement aux demanderesses la somme totale de 45.000 shekels" (12.400 dollars, 10.700 euros), a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué.

Les Néo-Zélandaises, Justine Sachs et Nadia Abu-Shanab, ont indiqué vendredi sur le site de collecte de fonds "givealittle" qu'elles n'avaient aucune intention de se plier au jugement.

"Nous avons découvert ce matin à notre réveil qu'un tribunal israélien nous ordonnait de verser plus de 12.000 dollars à trois adolescentes israéliennes. Le rôle que nous avons joué dans l'annulation du concert de Lorde à Tel-Aviv leur aurait causé un état de détresse émotionnelle", disent-elles.

"Nous ne paierons pas", ajoutent-elles. A la place, elles lancent une campagne pour lever la somme équivalente au profit d'une institution de santé mentale dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, disent-elles.

Israël est en butte à une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique. Le gouvernement israélien combat farouchement tout ce qui ressemble à une entreprise de boycott, qu'il assimile à une menace stratégique.

Les appels au boycott ont des fortunes diverses auprès des artistes. Ils avaient échoué en juillet auprès du groupe Radiohead. En revanche, la chanteuse américaine Lana Del Rey, confrontée à de tels appels, a annoncé en août l'annulation de son concert, la justifiant par le fait qu'elle n'avait pas eu le temps d'organiser, dans le même temps, un concert en "Palestine".

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