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Israël: l'armée a ordre de tirer si les Palestiniens menacent la frontière

Israël: l'armée a ordre de tirer si les Palestiniens menacent la frontière
Des Palestiniens installent des tentes dans la bande de Gaza, près de la frontière avec Israël, en solidarité avec la "Journée de la terre" célébrée à partir de vendredi, le 27 mars 2018MAHMUD HAMS
ISRAEL

Le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot a prévenu que les soldats ouvriraient le feu si les Palestiniens s'approchent de manière menaçante de la frontière lors d'un grand rassemblement annoncé dans la bande de Gaza vendredi.

La "Journée de la terre" palestinienne prévue vendredi ouvre une période de plusieurs semaines qui fait redouter des violences israélo-palestiniennes.

L'armée israélienne a déployé des renforts à la frontière en prévision de vendredi. Elle dit se préparer à tous les scénarios, à commencer par une tentative, organisée ou pas, de forcer la barrière de la part de Gazaouis coupés du reste du monde.

Une centaine de tireurs d'élite ont été réquisitionnés, a prévenu le général Eisenkot au quotidien Yediot Aharonot, selon les extraits d'un entretien à paraître vendredi.

"En cas de danger mortel (contre les soldats à la frontière), on a l'autorisation de tirer. Nous ne permettrons pas qu'on s'infiltre en masse en Israël, ni qu'on endommage la barrière, et certainement pas qu'on arrive jusqu'aux communautés" israéliennes riveraines de Gaza, déclare-t-il.

"L'ordre est d'employer largement la force", dit-il.

Dans la bande de Gaza sous blocus israélien et égyptien, les Palestiniens ont été appelés à se rassembler dans des camps de tentes dressés en différents points à quelques centaines de mètres de la barrière israélienne qui ferme la frontière.

Officiellement, la protestation censée durer plus de six semaines est organisée par la société civile. Mais, pour Israël, il ne fait aucun doute que son ennemi, le mouvement palestinien Hamas qui dirige Gaza, est, avec d'autres groupes alliés, derrière la contestation.

Des incidents récents, comme des tirs en provenance de la bande de Gaza, l'explosion d'engins piégés provoquant une riposte israélienne et des incursions de Palestiniens en territoire israélien, ont fait monter la tension le long de la barrière.

Les soldats postés à la frontière tirent régulièrement à balles réelles sur les Gazaouis qui s'approchent trop près lors de manifestations.

Dans une série d'entretiens à paraître vendredi, le général Eisenkot dit que, compte tenu du contexte régional, la menace d'une guerre impliquant son pays est plus forte cette année qu'elle ne l'a jamais été depuis qu'il a pris ses fonctions en 2015. Mais c'est le front palestinien qui le préoccupe le plus.

"Une situation explosive, sensible se développe dans tout le Moyen-Orient, particulièrement parmi les Palestiniens", dit-il au quotidien Haaretz.

Il invoque une conjonction de facteurs et une succession d'évènements. La "Journée de la terre" marque le début d'une séquence lors de laquelle les Etats-Unis devraient inaugurer leur ambassade à Jérusalem, autour du 14 mai.

La reconnaissance par le président Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d'Israël et la décision de transférer l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem a ulcéré les Palestiniens.

La "Journée de la Terre" marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l'Etat d'Israël en 1948.

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