L'Australie admet avoir pu tuer des civils dans un raid sur Mossoul

L'Australie admet avoir pu tuer des civils dans un raid sur Mossoul
Un panache de fumée au-dessus de la vieille ville de Mossoul après une frappe aérienne lors de la bataille entre les forces progouvernementales et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), le 8 jFadel SENNA

L'Australie a reconnu vendredi qu'elle a pu tuer jusqu'à 18 civils dans un raid aérien mené pour le compte de la coalition internationale antijihadistes à Mossoul il y a deux ans, quand le groupe Etat islamique (EI) tenait encore cette ville d'Irak.

Saluant cette annonce, l'ONG de défense des droits humains Amnesty International a appelé le reste des Etats membres de cette coalition, qui intervient en Irak et en Syrie, à faire de même lorsqu'ils ont pu être à l'origine de la mort de civils.

Au terme d'une enquête interne, l'armée australienne a conclu que les avions de la coalition avaient "pu tuer entre six et 18 civils" au cours d'un raid sur le quartier al-Chifa, à Mossoul, dans le nord de l'Irak, le 13 juin 2017.

Elle précise ne pas être sûre qu'il s'agisse de dégâts causés par un avion australien ou par celui d'un autre membre de la coalition.

Menée par les Etats-Unis, cette coalition a reconnu la mort de plus de 1.100 civils au cours d'environ 30.000 frappes aériennes depuis le début de l'opération "Inherent Resolve" en 2014 en Irak et en Syrie.

L'ONG Airwars, qui recense les victimes civiles de tous les bombardements aériens dans le monde, estime de son côté qu'au moins 7.468 civils ont été tués par la coalition dans ces deux pays.

Alors que de nombreuses informations font état de pilonnage parfois aveugles et de milliers de civils tués dans les combats ou par des raids aériens, Amnesty International a salué l'annonce australienne comme "un pas dans la bonne direction".

"Le gouvernement australien s'est montré plus enclin à prendre ses responsabilités pour avoir causé la mort de civils que ses partenaires au sein de la Coalition, comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France", a indiqué la directrice de recherche d'Amnesty International pour le Moyen-Orient, Lynn Maalouf.

Les combats urbains dans Mossoul, carrefour commercial historique du Moyen-Orient proche des frontières syrienne et turque, ont duré neuf mois.

Ils ont opposé les forces progouvernementales irakiennes soutenues par la coalition aux jihadistes de l'EI et ont été décrits par des militaires comme parmi les plus violents et ravageurs des temps modernes.

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