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L'Irak conclut à la responsabilité d'Israël dans "certaines" attaques

L'Irak conclut à la responsabilité d'Israël dans
Ahmad al-Assadi, responsable d'une puissante force paramilitaire irakienne, le Hachd al-Chaabi, et porte-parole du groupe parlementaire "Fatah", parle durant un entretien pour l'AFP à Bagdad, le 29 aAHMAD AL-RUBAYE
ISRAEL

Le gouvernement irakien se prépare à déposer une plainte devant l'ONU après qu'une enquête a conclu à la responsabilité d'Israël dans "certaines" des récentes attaques sur les bases d'une puissante force paramilitaire, a indiqué un député et responsable de cette force.

Le Hachd al-Chaabi --une alliance de groupes armés favorables à l'Iran qui dispose aussi d'un bloc au Parlement irakien, le "Fatah"-- a accusé les Etats-Unis et Israël de récentes explosions et d'envois de drones sur ses bases, mais Bagdad n'avait jusque-là pas émis d'accusations directes.

"Des enquêtes gouvernementales ont conclu que le responsable de certaines de ces attaques est absolument, certainement Israël", a indiqué jeudi Ahmad al-Assadi, responsable du Hachd et porte-parole du "Fatah" à des journalistes, refusant de donner plus de détails sur les preuves qui ont permis une telle conclusion.

"Le gouvernement prépare des preuves et documents suffisants pour présenter une plainte au Conseil de sécurité (de l'ONU). Il ne soumettra pas une plainte contre une entité inconnue", a-t-il ajouté.

Le Hachd al-Chaabi a été formé en 2014 à partir de groupe armés chiites pour combattre les jihadistes du groupe Etat islamique. Il est toutefois opposé à la présence des forces américaines déployées en Irak dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste sous commandement américain.

Les forces du Hachd opèrent officiellement au sein de l'armée irakienne mais les Etats-Unis et Israël craignent que certaines de ses unités soient une extension de leur ennemi commun, l'Iran.

Depuis mi-juillet, cinq dépôts d'armes et camps d'entraînement du Hachd ont été visés par des attaques présumées et le groupe affirme avoir tiré sur des drones de surveillance au dessus de deux autres de ses bases.

Un haut responsable du Hachd a accusé les Etats-Unis d'être, de manière générale, derrière les explosions sur ses bases. Le Pentagone a nié toute implication.

Le 25 août, le Hachd a spécifiquement accusé Israël d'être responsable d'une attaque de drone ayant tué un de ses combattants dans l'Ouest près de la frontière syrienne. L'Etat hébreu n'a pas commenté.

M. Assadi a toutefois tempéré les accusations contre les Etats-Unis, affirmant que leur implication restait peu claire.

"Les avions israéliens (ont-ils été) soutenus par les Etats-Unis? Nous ne pouvons (les) accuser. Les Américains ont-il donné leur feu vert? Nous ne pouvons (les) accuser", a-t-il ajouté.

Mais, a-t-il précisé, le Hachd et le gouvernement s'attendaient à une attaque ciblée contre la force paramilitaire pro-iranienne en raison de l'accroissement des tensions entre Washington et Téhéran depuis que les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Les Etats-Unis ont ensuite rétabli de dures sanctions économiques contre l'Iran mais aussi contre des entreprises et personnalités irakiennes, libanaises et palestiniennes aux liens présumés avec la République islamique.

- "Prêtes à répondre" -

L'autre crainte d'Israël et des Etats-Unis est le transfert par l'Iran de missiles en Irak et au Liban.

Selon M. Assadi, l'Iran n'était pas le fournisseur de missiles de longue portée stockés sur l'un des sites attaqués.

Il a par ailleurs éludé une question de l'AFP sur le rôle du Hachd dans le transfert d'armes en Syrie voisine où l'Iran soutient le régime de Bachar al-Assad.

M. Assadi a en revanche donné des précisions sur l'explosion sur la base de Saqr le 13 août près de Bagdad. Selon lui, l'enquête a conclu à l'implication de trois drones, un pour "surveiller", le deuxième pour "attaquer" et le troisième pour "prendre des photos après la frappe".

M. Assadi avait assisté plus tôt cette semaine à une rencontre avec le président irakien, le Premier ministre et le président du Parlement.

"Nous y avons déclaré que les factions de la résistance étaient prêtes à répondre (à Israël) maintenant si le gouvernement le souhaitait (...) dans n'importe quelle région", a-t-il rapporté, précisant toutefois que le Hachd se conformerait à la volonté du gouvernement de donner la priorité à la diplomatie.

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